samedi 28 juillet 2012

Quatrième poignée...la mâche du robuste


Orthez, toujours.
"Paulita, wapo !" frénésie du gradin, le type pour sûr rendrait Ava  plus folle encore que Mario Cabre dans "Pandora ad the flying dutchman". Mais los "wapos" de vérité sont sur le sable et sur la péloche de nos rétines depuis quatre taureaux au moins. Ils sont de Veiga Teixeira, de Lusitanie venus, on dirait des gravures de mode, des modèles pour ateliers d'étudiants en arts visuels. Un, même deux, le troisième et le cinquième, mis en suerte avant la première puya se sont figés juste en face de nous...un frisson court de Lascaux au Pesqué. Quelle beauté. Que "wapos", si señor !


Comme s'ils voulaient montrer qu'en sus d'être splendides ils sont forts, les morlacos optent pour des charges hannibalesques contre les chevaux, avec un tant soit peu de coquetterie , tardant à gagner le peto, se laissant admirer, allez,  une demie-minute encore sous le sunlight avant de démarrer - à l'encuentro ils préfèrent le fracas, l'orage sec. Pas de longues poussées venus des âges du rein, plutôt une bombe artisanale d'anarchiste flamboyant mais vain. Epuisés par tant d'énergie catapultée sottement ils n'ont plus que leur morgue à proposer, leur décadence se délitant au fil de combats , on pourrait oser , de "vieux beaux". A l'exception du premier, genre flèche de Navajo dans un western Fordien. Mais attention, leurs peleas sont intéressantes de bout en bout. Pourquoi ?  La présence vous dis-je, qui en jette et qui pèse. Et puis, en allant les solliciter comme il convient, il y a quand même répliques et prises de vues de qualité à en tirer. Ce que font les metteurs en scène du jour : Robleño puits de courage et d'entrega, Paulita , plus marginal mais composant avec galbe canaille et Serafin Marin, long et parfois fin, instruit dans la lidia, un peu embarrassé mais au final, sincère je crois.

C'est terminé. Obrigao Portugal !
"Des légendes viennent du fond des siècles ensabler les rives.
Et lorsqu'à la bouche d'un puits nous allons
éprouver nos échos,
des eaux pures jaillissent,
dans une autre langue."
(Luisa Neto Jorge / Anthologie de la poésie portugaise contemporaine / Poésie Gallimard / 2003)

Retour vers le Moun, Mateo assoupi à mes côtés, je lèche mes doigts parce que le dernier goût du havane s'enroule à  ma peau. La Tour Moncade se baigne dans un crépuscule qui la déshabille. Je passe près des dernières lumières, leurs formes converties en taureaux des ombres. Demain sera un autre jour.


nb: Photo tirée du blog de David Bessières ,réalisée par Ch. Sirvins. A droite au fond, trois pied-Nickelés de l'Aficion, chapeau, gafas et cigarette. Au callejon !  Que poca vergüenza, claro, pero que bien se lo estan pasando. Pour toute réclamation, écrire à Xavier Klein. 

2 commentaires:

Xavier KLEIN a dit…

Ludo,
Le plaisir de lire tes textes est presque aussi grand que d'assister à ce que tu décris...
Abrazos.
Xavier

ludo a dit…

Je crois qu'il faut remercier les éleveurs,los toreros et ceux qui ont eu la présence d'esprit de les engager pour inverser la tendance et je mettrai dans le sac ( à part bien entendu je ne suis pas dupe non plus) les montois et leurs prestataires.espérons que ce ne soit pas feu de paille et qu'on n'en revienne pas aux affaires courantes dès l'an prochain. à Orthez au moins on est sûr qu'on continuera à tracer le sillon. enhorabuena a todos de la comission.
abrazo (sur ta photo de profil tu ressembles de plus en plus au Pipo, la barbe en plus, la rouerie en moins)