Los pinchos del Ciego
mardi 7 mai 2013
Demain !!!
Casse-croûte matutinal, novillada sans chevaux, agapes sur les hauts de Morlanne, pause-café-folle blanche et "siestôte", copa, recopa y a los toros aux arènes Mitou Capdeville. Et longue tertulia s'il le faut , mais au comptoir. Le bonheur, quoi. Nos vemos, pues.
mardi 30 avril 2013
La casa negra
Pas le temps d'écrire. Le temps, ce sable...
pourtant Manuel, le dernier de la casa de Los Mairena, vient de partir.
Mais certaines fois ne pas en dire plus, laisser monter l'odeur de l'orage des terres à chardons dans la viscosité des silences, c'est cardinal. Suit alors l'envie d'un cante et de son chaos de "pureza".
Señores Antonio, Curro y Manuel a Vd le toca :
Gracias, mil gracias Jose Maria Velazquez y el equipo de "Rito y geografia del cante" otra vez por traer esas maravillas.
pourtant Manuel, le dernier de la casa de Los Mairena, vient de partir.
Mais certaines fois ne pas en dire plus, laisser monter l'odeur de l'orage des terres à chardons dans la viscosité des silences, c'est cardinal. Suit alors l'envie d'un cante et de son chaos de "pureza".
Señores Antonio, Curro y Manuel a Vd le toca :
Gracias, mil gracias Jose Maria Velazquez y el equipo de "Rito y geografia del cante" otra vez por traer esas maravillas.
mercredi 17 avril 2013
Abou
Séville, Lundi 15 Avril en ce jour
abrite Abou le vénéneux.
Il dort enroulé dans la fraîcheur du
botijo de Jose Antonio Camacho
de La Puebla del Rio.
Qui gratte le goulot
Soudain ?
Le djinn démailloté furieux depuis sa
gargoulette aperçoit la mer en feu jeter de l'argile sous les
zapatillas trempées de tumeur mandarine
une corne
son éclair
se découpent un mouchoir
un pacte d'oubli
percent la poitrine du vénéneux
ajoutent à la constellation dispersée sur sa peau
un grain de lune.
Abou, il est tard, la nuit est là. Il
est saoul, il ne comprend pas pourquoi, assis sur un bord de trottoir
de la calle Circo.
Il est tard, Abou rentre chez lui, une
tache de vin sur sa chemise blanche, quand il la frotte il sait juste
que son cœur bat plus fort. Plus fort et plus lentement.
"Como temblaba mi corazon madre
como temblaba mi corazon solito por la calle..."
"Como temblaba mi corazon madre
como temblaba mi corazon solito por la calle..."
lundi 1 avril 2013
Pedro Llen : le collectif dans la dernière ligne droite
Bon ,c'est pas pour dire mais ça urge ! Quoi ? le 8 Mai...Le collectif "Pedro Llen" cherche encore des fonds, des dons et des propositions, de l'aficion et des biftons pour que ce jour commémoratif , celui des morts qui ont su résister à la barbarie, soit celui où d'autres braves viendront mourir dignement , la bouche close et en livrant combat, bien loin des abattoirs terribles, anonymes et sinistres. Ce sextet de classe , un résistant à la fadeur ambiante du campo bien comme il faut - j'ai nommé Juan Sanchez Fabres, aidé de sa famille et de ses amis- se propose de le faire lidier à Saint-Sever, arène Henri Capdeville à qui de son andanada des limbes rien ne ferait plus plaisir.
Pour "ceusses" qui auraient loupé un épisode , le mieux est d'aller se rencarder là.
Pour les "zaujusse", sachez qu'on peut s'adresser directement au collectif par le biais de ces coordonnées :
Antoine Capdeville 0633150282 ou Luc Larregain 0640224066
collectifpedrollen@gmail.com
Nb : un lien vers l' interview claire et efficace du collectif par Pedrito du blog pure aficion, ici.
vendredi 15 mars 2013
Théophanie subliminale (a Sol y Moscas )
...qui de vous grossiers belluaires
qui combattez de pubères bicornes- engraissés
aux tables de Capoue- , saignés
par des bourreaux juchés sur des piedestals
de chair malade, ferait des fioritures
face à des poignards fulgurants
frémissant d'ire et de fureur ?
Qui sa main perfide osa poser
sur le front frisé du roi de la prairie ?
dans le grand vent des campagnes où soudain il se retourne
et agite ses poignards
qui de vous impunément
défia sa colère ?
(...)
Son éclair lui vient de Zeus, son trident
de Poséidon ; dans sa tour brûle
le feu sacrée sans la royale licence
d'Héphaïstos; et ses roues de fer
que jamais
Vulcain dans sa forge ardente
n'eût pu fabriquer avec sa science métallurgique,
sillonnent la terre, tandis que sur ses flancs
le Serpent Voyageur, unissant
et nouant sa tête et sa queue,
a pu souder
les continents avec ses écailles froides.
(...)
Ô Géryon, notre père, que jamais nous ne soyons
vassaux des hommes et des chevaux !
Fernando Villalon/ La Toriada/ Ed.Mare Nostrum/ Trad. Jacques Issorel
vendredi 8 mars 2013
Cante y baile por Derecho(s)
Marre de voir et d'entendre "...et la journée de la femme " par-ci et "...oui, un beau jour, vraiment , ce vendredi pour nos femmes, qu'on adore, hein ? " par-là.
Le 8 Mars est la date choisie, non pas pour se surprendre à dire" qu' ah bé, c'est vrai, elles existent, les pauvres bouchons, faut faire avec hein ?... maint'nant ", mais pour rappeler les droits des femmes, certainement parmi les plus bafoués dans le monde. Y punto.
Bien que cette taylorisation langagière m'insupporte et me fait penser qu'une fois encore la pensée globale et locale, plurielle et particulière se retrouve soumise à la broyeuse idéologique, il faut tout de même en passer par là pour ne pas édulcorer la véritable dénomination de cette célébration qui , bientôt, sera rangée au même titre que la fête des secrétaires, nous rendant juste soucieux d'offrir un bouquet de fleurs à la personne de notre choix.
Donc, ne pas faire docte sur ce sujet me paraît tache ardue mais bon, en exergue et en hommage une vidéo où apparaissent Rosario " La Tremendita" , cantaora de "veras", et Rocio Molina , bailaora extra-ordinaire, pour célébrer l'histoire de ces femmes, chanteuses, danseuses ou guitaristes, aficionadas cabales, mères, soeurs et filles qui ont gagné le droit de sortir des cercles familiaux ( et le devoir d'y rester aussi, elles n'ont rien "lâché"), de s'affranchir des clichés ( et garder le droit de se les réapproprier pour mieux les "disjoncter") et parer à l'adversité des codes familiaux ou tribaux (et choisir de les transmettre avec bienveillance, comme un chemin de vie et pas comme une montée au calvaire).
Un tel duo célèbre l'histoire de ces femmes qui va, pour résumer à grand trait, de Carmen Amaya portant pantalon sur les scènes internationales et faisant frire ses sardines sur les sommiers du waldorf Astoria, en passant par Carmen Linares et son formidable travail sur "La mujer en el cante" un des disques indispensables à toute discographie un peu sérieuse, à ces travailleuses - Ana Peña, María Bala, Anica la Periñaca, Juana Vargas, Frasquita de Utrera par exemple -ramasseuses de pois chiches et d'olives, qui dans la brutalité des années post guerre civile et franquistes affirmaient leur dignité et leur pugnacité, une présence et un légat au travers de ces juergas de fin de journée où elles aussi, loin des regards réprobateurs des clans ou des sectaires, jetaient leurs chants et leurs danses pour participer à ces réunions, vecteurs de diversions aux fatigues et aux peines engendrées par le labeur extrême de ces " corrales de gañanias", "réserves" des terres immenses des señoritos à main d'oeuvre bon marché.
Toutes, elles sont un pan immense de l'honneur du flamenco. Et leur droit à la scène, à la création et à la tradition nous est indispensable.
Voilà.
C'est dit.
Nb : à noter l'excellent livre d' Estela Zetania " Flamenco de gañanias" ( Ediciones Giralda )
mercredi 20 février 2013
A la folie
J'écris et là , dans mes oreilles, chante "El Torta". El cante bueno duele. Mais certaines fois "le duele al cantaor" parce qu'il se bat avec ce qu'il désirerait étreindre ou cogner et qu'il n'attrape pas. De sa poitrine, du vent, de son poing, du sable, du rien à l'entour juste des glaires, une colonne d'air qui vacille, ça ne passe pas. C'est ce qui arrive au Torta, en public à l'hôtel Triana, et il souffre.
Je souffre avec lui.
Je pense alors à Juan.
Juan Sanchez-Fabres, si je me remémore la dernière fois où je l'ai vu, faisait pourtant des sauts identiques à ceux d'un enfant au pied du sapin découvrant la panoplie dont il rêvait. La sienne, Juan il y a longtemps qu'il l'a toutefois enfilé : c'est celle du fou, du loco perdio, romantico y libre. Celle qui dit au monde de ses contemporains : je suis ganadero de Bravos. De taureaux de l'encaste Coquilla. Parmi les derniers des derniers. Le monde contemporain ne rit pas de ces fous-là, elle s'en détourne juste. Juan n'en a cure. A Pedro Llen il choie ses vaches, compte ses erales, ses novillos, rêve de sortir une course de 5 herbes comme il en sortait dans le temps à Madrid avec peut-être un nouveau "Relampaguero" ce taureau qui eut les honneurs de la vuelta à Las Ventas en 1959. Mais le mundillo est un monde certes restreint mais tout aussi contemporain, mesquinerie, caspa et navajazo dans le dos en plus. A son enthousiasme pour l'alchimie du Coquilla - bravoure, mobilité, fijeza -on lui sert en douche : ses taureaux sont trop peu volumineux, les cornes pas assez veletas et surtout, surtout, leurs museaux de furet qui embistent sans se laisser faire, leurs indocilités de sauvageons ça ne colle plus avec l'animal que plébiscitent les vedettes qui veulent de la viande avec une langue juste assez longue pour se faire lécher la taleguilla et qui démarre comme si on appuyait sur un bouton.
Le jour où je vis Juan bondir de la sorte, je sus que notre toqué de sang brave venait d'oublier d'un coup tout cela et pire encore, notamment les fonctionnaires vétilleux issus d'écoles appliquant l'hygiénisme européen qui l'avaient conduit jusqu'aux portes de l'abattoir pour ses bêtes et de l'abattement pour lui. Une poignée d'aficionados français, relayés par la blogosphère avait réussi à le dissuader d'aller jusqu'au bout de son emportement, la vague de soutien résultant si forte qu'il réussissait à affronter encore et encore les plaies de l'Egypte administrative que lui tendait en miroir des commissions de vétérinaires bardés des tables de la loi.
Ce qui lui donnait des ressorts de Zébulon, ce qui lui permettait d'arborer un sourire qui mangeait toute sa barbe, ce qui faisait pétiller ses yeux malins et passionnés portait le nom de "Bordador", fils de la vache "Bordadora", "tienté" par Martin Pareja Obregon, et du taureau "Soberano", mis en valeur par Domingo Lopez Chaves. Numéros, respectivement 8, 1000 et 10. Arithmétique de promesses. Héritage de bravoure et d'amour. Juan Antonio Siro venait de suer la goutte devant le novillo qui était allé avec une allégresse et un caractère inébranlables plusieurs fois au cheval. On allait le garder, c'était l'os à moëlle dans la soupe, le filon dans le minerai, la folie dans les yeux de Juan qui reprenait couleur. Nous étions fiers, nous avions participé à remettre du baume au coeur d'un grand ganadero. Le bonheur de l'aficionado lambda est si simple...
Las, les espoirs durent ployer. Oh , il se prolongèrent quelques temps. La carte verte d'abord permit d'entrevoir le bout du tunnel sanitaire puis un demi-encierro fut programmé à Madrid avec leurs frères de Sanchez Arjona. Mesquinerie à nouveau ? Défaut de présentation ? les deux ? je ne sais. Par contre les reseñas furent élogieuses, il y eut de la classe et de la promptitude à aller au combat, de celles qui éclaboussent l'aficionado le plus boucané au soleil des andanadas. L'année suivante, patatras ! dans le cadre d'un cycle des encastes minoritaires -déjà, l'intitulé à la con, ça sentait le foin.. - re-bouts de chandelles à la petitesse sordide de la part des organisateurs, pied-de-nez mal élevé à l'aficion del Espiritu Santo : sur les six qu'avait bichonné Juan spécialement vu qu'on lui avait assuré un lot complet au regard de la demie-novillada de 2011 éh bien trois furent jugés inacceptables par Taurodelta pour ...excès de poids ! Pékin à Tombouctou, Reykjavik à Canberra. Au final, le 21 Septembre 2012 : 3 Sanchez Fabres, 3 Hoyo de La Gitana, 3 novilleros mi-verts, mi-toreados...Bref, l'ensemble tourna mal et pour Juan, court : deux de ses novillos furent même "rechazados" avant même la mise en lot. Un seul sortit, "Torrero". Il mit l'eau des essences à la bouche du conclave avant que le ciel de Las Ventas ne crève et dilue tout cela dans une tarde sin pena ni gloria. Comme si tout était voué à n'être qu'englouti, désespérément englouti dans cet abat diluvien : les espoirs de Juan, "Torrero", "Bordador", "Relampaguero", Pedro Llen, Coquilla et leur folie, leur si belle folie.
J'imagine que Juan a du ressasser maintes fois ce dernier combat, que Maria-Cruz l'a soutenu plus que raison, que les amis du Campo Charro et d'ailleurs les ont appelé, réconforté. Mais Juan ne pouvait plus qu'abdiquer : et c'est ainsi qu'à cette heure il lui reste 6 beaux taureaux de Coquilla et il voudrait les voir partir ailleurs que dans la fumée d'un matadero après avoir été rôti par le feu de complications diverses : il y a un saneamiento fin Juillet dont on sait qu'il pourrait être fatal, des promesses avec Orthez qui devait et qui ne peut plus ( Orthez est une plaza comme les autres, quand les aléas vous tiennent ), des dates qui sont déjà "enquillées" un peu partout et aussi, il faut bien le reconnaître, une certaine indifférence qui préside à tout cela. Et au-delà ? au-delà, le nerf de la guerre, le "parné" , la monnaie, le flouze. Il faudrait , pour que meurent dignement dans l'arène et au milieu d'une dernière et grande ovation à un pan de l'histoire de la ganaderia brava, une somme rondelette que seuls des empresas idéalistes, des aficionados soudés, des peñas solidaires ou des mécènes providentiels pourraient rassembler. Bref , des locos encore une fois. Ceci est donc un appel à la folie, celle de voir lidier la dernière course du fer de Sanchez Fabrés.
Si ce que je viens de vous narrer vous touche, Juan est toujours là-bas, les yeux perdus dans les cercados où bientôt ne mugira plus que le pragmatisme d'un monde toujours plus calibré. Appelons-le, donnons-lui signe de vie. Qu'il saute de joie une dernière fois en voyant des taureaux qu'il aura tant aimé se battre jusqu'au bout et ne pas finir comme des carcasses anonymes.
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