samedi 25 octobre 2008

Fourmis (I)


dans cette affiche , tout est dans les détails. pour en savoir plus, rendez-vous plus bas .

le dilemme n'est pas simple. au mois de novembre qui s'annonce, deux manifestations concomitantes donnent au ciego l'agréable sensation du picotis des dernières fourmis automnales d'une aficion dont la sève aurait tendance à s'engourdir.
pour ne pas avoir à tergiverser longtemps, choisissons le critère chronologique pour servir la première rasade.

le festival " mira ! " , dit du sud extrème !!! ( ils ont "quitté" l'étiquette "insolent" des programmes. c'est déjà mieux ), revient sur bordeaux et la cub pour sa deuxième édition , suite au succès de l'esquisse initiale il y a deux ans ( pourquoi ? parce qu'il y a alternance avec la scène toulousaine, tout simplement ).
la création contemporaine ibérique sous ses formes musicales , plastiques, théâtrales... y a droit de cité. en cliquant sur le lien on a toutes les infos dont on nécessite.
la partie qui aborde le flamenco donne à voir cette année le spectacle d'andres marin, la venue de buika, la rencontre d'aurélien bory et de stéphanie fuster,la présentation de tito el frances et le retour d'israël galvan, qui fut la découverte, le choc même, pour le grand public du premier festival.
allez, on met le nez dans le verre et on dissèque les arômes...



andres marin calera ses zapateados dans "el cielo de tu boca". l'originalité vient de sa collaboration avec llorenç barber. le sieur barber étant clochologue. certains diront avec malice que 'il ne doit pas chômer par les temps qui courent et que cette spécialité est un créneau d'avenir. perfides ! le type est vraiment sur scène entouré d'une batterie de campanas de métal qui participent à la mise en place d'une chorégraphie où résonnent les équilibres de l'académisme et les ruptures de la tradition interrogée.
donc, dans ce ciel sévillan (andres est fils d' andres , bailaor géniteur de renom, et d'isabel vargas, cantaora )il y aura une bouche de bronze et un corps de jonc. manque la gorge, la matrice vitale du flamenco originel. elle sera présente sous trois formes : celle de segundo falcon ( familia de los janega ), jose valencia ( dans son arbre généalogique traînent paco la luz et manuel de paula, jerez et lebrija. caray ! )et enrique soto ( familia de los sordera ). et puis la guitarre de salva gutierrez et les palmas d'antonio coronel.
voilà pour la forme. la silhouette est belle. les contours ont de la charpente. pour le fond, il faut attendre mercredi 12 novembre.



"Il dansait,seul. Ce n’est pas qu’il s’avançait devant d’autres moins virtuoses que lui pour faire un solo, non. Ce n’est pas simplement qu’il évoluait sans partenaires de danse.
Il semblait, plutôt, danser avec sa solitude, comme si elle lui était, fondamentalement, une « solitude partenaire », c’est-à-dire une solitude complexe toute peuplée d’images, de rêves, de fantômes, de mémoire 12. Et, donc, il
dansait ses solitudes, créant par là une multiplicité d’un genre nouveau."
c'est ainsi que georges didi-huberman vit apparaître israël galvan pour la première fois sur la scène du théâtre de la maestranza.il en a tiré un essai ( "le danseur des solitudes"/éd. de minuit ),magistral, où cet historien de l'art ( spécialiste d'esthétique ), philosophe enseignant à l'ehess, tente de traduire la fascination devant l'intensité d'un danseur se jouant lui -même des codes et des standards pour mieux aller gratter,fouiller, fouailler la mémoire et rendre hommage aux racines de son langage artistique ( il y a une jubilation profonde, jonda, que veut faire partager galvan sur scène, lui qui fut élevé dans l'extrème dureté de l'école la plus impitoyable, celle de son père, pepe galvan ).
longtemps regardé comme une bête curieuse, dédaigné par les obtus, israel a continué à chercher et à avancer vers l'exposition de ses désaccords intimes pour revigorer aujourd'hui toute la scène flamenca. une des preuves les plus flagrantes des sincérités réciproques qui animent cet artiste et les flamencos plus "traditionnels", c'est qu'il est entouré pour ses derniers spectacles ( "arena", "la edad de oro" et "este estado de cosas" ) de cantaores tels que diego carrasco, fernando terremoto hijo ou miguel poveda. il faut avoir vu diego cantar a israel por bulerias et israel lui donnant le meilleur de son baile pour balayer tous les derniers propos un peu offusqués des gardiens de l'évolution. mas puro no se puede.



je ne dirai mot sur bory et fuster. c'est l'inconnu. ça m'aiguillonne, alors j'irai voir et entre deux ronda de vino, je narrerai.
quant à tito el frances, patricio mi arma, il sera lundi soir dans falseta sur radio campus pour un mano a mano que nous espérons stimulant. sachez simplement que sa "performance" s'intitule "flamenco et jambon" ( d'où l'afiche ). ça ne vous met pas la couenne à la bouche ?
reste le cas buika.



ses albums , sa voix, sa beauté, sa présence en font l'égérie d'un flamenco frotté aux univers musicaux du jazz, de la cancion, de la musique métisse. c'est souvent harmonieux et superbe. d'une grande dignité. d'un savoir-faire de brio. ça reste en dedans si on pense aux rajos, aux morsures, aux échos veinés de la mine des béatitudes et des plaintes flamencas. c'est pourtant magnifique. le problème c'est que ça le reste. peut-être évoluera-t-elle vers une approche de palos plus délicats. certainement, car sa voix a des atouts et son parcours cherche ces incarnations difficiles.



bon , vale ciego, vale, mais c'est quoi le concomitant, ciego ?
c'est la semaine taurino -culturelle de la peña jeune aficion de saint-sever.
ah ? qu'est-ce qu...
quieto. me tomo un sorbo y veremos despues. que ahora :

"apporte-moi ce rubis dans un verre de cristal ;
ce compagnon, ce familier parmi les libres,
puisque tu sais que ce monde de poussière
n’est qu’un souffle qui passe… apporte moi-du vin"


(omar khayyam)

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Je ne suis pas un spécialiste,loin de là, mais j'aime bien Yvan Alcala à la danse flamenca.

La condesa de Estraza a dit…

Ludo: ando preocupada por tu salud mental pues al parecer tenéis al tal Rafael Amargo instalado en una tele de Francia,
que te sea leve, 'compae'.

La condesa de Estraza

ludo a dit…

@ anonyme : c'est mieux si je peux mettre un nick ou n alias ou toute autre chose qu'anonyme. mais grâce à votre commentaire je suis alé sur internet chercher des "datos" sur yvan alcala et je suis tombé sur un tas de chosers qui vont me permettre , dans un avenir proche, d'écrire un post sur le cante por alboreas. merci donc.

amiga condesa. mi salud mental , claro que a veces cavila demasiao (como la letra del tiro de piedras).
si entiendo su comentario , vd se refiere al tal amargo ( que deconocia, aqui tenemos este tipo de programa aunque de baile solo coreografia de imitadores de la britney )porque le parece que marin o galvan son de esa linea ?
marin , no sé, que aun no le he visto (iré la semana que viene)pero israel si lo vi y a mi me dejo con las tripas abiertas. con terremoto y diego carrasco y poveda. un lio de locos. me convencio el tio.me galvanizo.

un saludo y que si ,que a mi tambien me encanta chamuyar con vd de flamenco.

ludo