samedi 20 septembre 2008

Falseta



le ciego a ouvert une annexe flamenca, comme une fontaine blanche dans la grande nébuleuse des ondes radiophoniques.


c'est sur radio campus bordeaux et l'enseigne clame : "falseta".



le flamenco dans tous ses états possède ainsi voix et voie de cité sur la région bordelaise mais aussi mas alla puisqu'on peut, de cochabamba à ouagadougou, le lundi de 21 h à 22 h, se connecter là :

http://www.bordeaux.radio-campus.org/Programmation/Stream.aspx


en fait "falseta " entame sa 5° année de vie mais la radio sur le web c'est plutôt une chance récente pour les radios associatives . d'où cette autopromotion par le réseau des blogs et de la toile.


dans l'émission vous retrouverez cette année des rendez-vous réguliers tels que :

la baraque du duende. une heure dont le compas s'articule entre la nudité de texte lus et l'épure des chants profonds.

el mano a mano. une heure avec un(e) invité(e) qui vient parler ou jouer de rien , de tout, d'un livre, d'une oeuvre, d'un spectacle, d'une guitare, d'une passion, d'une plat doucement mijoté, d'un liquide, de son potager secret, de son travail, de son asso, de ses révoltes, de ses coups de gueule ou de fatigue, de ses rêves...le tout lié par le fil rouge et jaune (et mille autres couleurs du globe entier) d'une hispanophilie certaine.

le reste du temps. là, c'est tout ce qui fait le sel des alentours du flamenco et de ses corollaires : nouveautés discographiques, petits et grands évènements du mundillo, histoire des chants, de ses créateurs et de ses interprètes, annonces de spectacles divers et variés ou de juergas
improbables...

et voilà...
alors , par quoi on commence ?


la première émission, la zéro de l'an 2008/2009 , a eu lieu la semaine dernière et la prochaine accueille donc, après-demain à l'heure dite, alexandre fernandez, professeur d'histoire à la fac de bordeaux, pour le premier mano a mano de l'année.



alexandre a publié chez armand colin une somme très bien étayée et pertinente de l'histoire contemporaine de l'espagne intitulée sobrement : "les espagnols". le sous-titre est un peu plus explicite puisqu'il précise :"de la guerre civile à l'europe".

c'est une analyse fine et engagée des passages vers les identités (économiques, politiques, culturelles ...) multiples que les espagnols ont endossé ou voulu assumer au travers des années du franquisme puis de la démocratie et enfin de l'entrée en europe.

alors certainement que nous creuserons avec alexandre ce qu'il a écrit pour la 4° de couv' :

"l'espagne aurait-elle fini d'être "intéressante"? loin de là.
ce pays n'en est pas quitte avec les défis."



le défi d'eduardo arroyo por le disque "jazzpaña"



deux cositas mas : comme tout mano a mano requiert un sobresaliente, nous serons accompagnés de jean-jacques cheval, enseignant,chercheur , spécialiste international de la radio, aficionado au blues et au cante et avant toute chose : un ami commun.

bref, on le voit, du beau monde pour faire vibrer la première corde de "falseta".

pepe habichuela et un jeune falsetero

surtout que l'émission sera ponctuée de morceaux choisis pour représenter , sans exhaustivité, cette histoire contemporaine au travers des mutations musicales du flamenco.

on y entendra ainsi naranjito de triana, manolo caracol, porrinas de badajoz, antonio mairena, enrique morente, jose menese, camaron, las grecas, los chichos, manzanita, los chorbos, martirio ,smash,la pata negra...enfin, si on a le temps. mais on s'essaiera à la qualité !



Martirio , une des égéries du flamenco décalé de la movida
à écouter lundi soir

nb : l'en-tête du post est un extrait de partition retranscrivant une falseta de solea.

5 commentaires:

bruno a dit…

Alors la, Senoritas ,Senoras ,y Senores pas la moindre hésitation ,pas d'excuse ,quand le bonheur est la il faut le saisir et "Falseta" vient à point pour faire perdurer nos appétits "tras los montes" et tout cela cerca del fuego,con salchicon ,jamon y un vaso de clarete.
Gracias ludo

mathieu a dit…

Hola! Enhorabuena tío!
J'avais déjà depuis peu l'opportunité de m'approcher avec délice du comptoir du "ciego", j'ai désormais l'occasion d'écouter quelques "falsetas de "Don Pautier" chez moi, à Lisbonne, soit à 1500km de Bordeaux et ce à l'heure de l'apéro (ici nous avons une heure "d'avance").Enhorabuena donc car ce n'est pas tous les jours que l'on a la possibilité d'entendre dans le même programme Antonio Mairena et Pata negra...Enhorabuena aussi pour une émission qui est programmée de 21h à 22h et qui se termine à 22h40! Eso es Flamenco! Ceci dit deux petites remarques: D'abord citer Morente avec son hommage à Miguel Hernandez comme illustration d'un pied de nez au régime (le disque est de 1971) me parait très pertinent (et tu sais l'amour que je leur voue) mais ce n'est pas faire justice à d'autres cantaores qui, un peu avant cette date, témoignaient déjà , et d'une manière encore plus radicale, de leur opposition au franquisme: José Menese, Miguel Vargas, Diego Clavel, tous trois grâce aux "letras" de Francisco "Paco" MorenoGalván (et encore avant eux le révolutionnaire "El Bizco Amate"). Ensuite par rapport aux "Grecas": même si je suis d'accord avec toi sur le côté franchement "kitch" et suranné il faut quand même reconnaître qu'en 1975 lorsqu'elles étaient au top Paco de Lucia et Manolo Sanlúcar étaient également étiquetés "Flamenco pop" et que La Tina était un pedazo de cantaora qui a influencé un paquet de cantaores ( voir Camarón "Soy caminante"). Je cite Paco de Lucia: "Las Grecas fueron importantes, marcaron un estilo, y muchos de los artistas que cantan hoy, Camarón concretamente, copío mucho de las Grecas. Se puede ser comercial y ser puro".
Si lo dice Paco...
Bueno, deux petits détails comme ça parce que un blog c'est fait pour réagir, pour commenter, pour "tertulier" et puis de toute façon j'ai bien conscience qu'en une heure d'émission on ne peut être exhaustif, à fortiori lorsqu'on a des invités talentueux, passionnants et ... bavards!
Re-enhorabuena donc y viva las falsetas buenas y los pinchos con sabor!

Mateo

ludo a dit…

mateo,
savoir que tes esgourdes averties, et plus même : practicas ! -puisque nous avons pratiqué la ronda de bulerias à des heures hautement tardives-, s'abreuvent au compas de falseta alors que tu bois l'apéro me réjouis au plus haut point.
à propos de tes pertinentes remarques : ayant bien senti la frustration de n'avoir pu écouler toute la gamme du "repaso" que je désirais donner à l'accompagnement de ce mano a mano (con sobresaliente)de haute tenue, je décidai , dès le micro fermé , de consacrer dans quelque temps une heure et peut-être plus à cette émergence du flamenco pop. l'exemple de la tina est justement très caractéristique de ces années puisque , symbole de ces classes défavorisées émergeant du néant , ou quasi, et coiffant sur le poteau culturel les classes moyennes quelque peu "dorlotées " par le franquisme sociologique déclinant , elle eut un destin emblématique puisqu'elle finit par mourir seule dans un hôpital d'indigents à toledo, je crois, après des années passées à madrid à errer et à passer de dépression en dépression (elle tenta même d' "apuñalar" sa soeur). l'histoire de ces années est pleine d'anecdotes qu'il faudra bien conter. je mijote ça et on en reparle.
quant à morente, là aussi, il aurait fallu nommer ceux que tu cites (ainsi que manuel gerena par exemple)mais c'est là aussi tout une émission à leur consacrer qu'il faut que je concocte.
d'ailleurs, un mano a mano avec nos deux pommes la prochaine fois que tu laisses le tage pour la garonne me semble s'imposer.
abrazo grande como los fandangos del gloria.

ludo

Laurent Perez a dit…

Horrible, j'ai raté ça, qui m'intéressait drôlement ! Quelle idée formidable que de faire de la radio. Je ne manquerai pas de t'écouter lundi prochain.

ludo a dit…

bienvenido a esta barra, laurent.
lo sabes pero lo reitero : esta casa es su casa.
un servidor.

ludo

ps : quand reviens-tu nous régaler de tes posts con duende ?