mardi 23 septembre 2008

Archipiels 11 ( A palo seco )


trois par trois

comme autant de tercios de combat

igual que un ramillete de letras de cante

des archipiels pour gravir à la brume

la première pente des maquis poétiques.

une ascension au fanal de plusieurs nuits.



le djin

vertèbre la nuit

et la sertit


de fil
cousu dans la bouche



il se glisse dans la rivière

du pied des ajoncs



(duende)




proie des lèvres
avec ses yeux crevés


d'un regard autour des mots

il pose des fleurs de serpette


en fragments sous la lave
froide.
( tercio )


aux berges des fleuves orphelins

ses bras desserrent le monde

ses mains libèrent sa fuite liquide


ses doigts de résine
cartographient

une tranche d'écorce


il dit :

la parole est crue du Gange


avant-source du Nil


marteau du Guadalquivir.

( falseta )



ludovic Pautier (autopsie des chants profonds)




nb : la repro (mauvaise) est une huile de juan gutiérrez montiel dont la photo n'aurait pas du se trouver là, sa peinture offrant sa présence suffisante. mais montiel est décédé en mars 2008 alors que je prévoyais de l'impliquer dans mes errements de musard de la langue aujourd'hui sans le savoir. c'est en faisant des recherches que je l'ai appris.

in memoriam, donc, gutiérrez montiel. va por usted, maestro.

1 commentaire:

bruno a dit…

oh la la c'est plus trivial mais suis médusé devant cet expression literraire ,ce talent!!