mercredi 29 avril 2009

vendredi 24 avril 2009

Ricochets ( trouble in aficion water )



- ciego !
- si picha, que hay ?
- tu as vu le post de camposyruedos et l'extrait de la chronique de vicente zabala de la serna ?
-vaya tela !
- non, non, non, pas vaya tela , vaya mierda !
- que ? De los grises en sevilla ?
- si
- a ver. donne-moi el ordenado', je vais essayer de ricocher .
- rebondir
- quoi ?
- on dit “rebondir” ciego.
- ah...bueno. traeme el aparato eze pero sin rebote, eh ?.


d'abord, je salue mon cher solysombra et deux autres âmes en peine , sin sevilla, en leur dédiant ce qui suit .

ensuite, je n'en remettrai pas une couche sur les toros du sorcier parce que j'ai l'imression que ceux qui veulent laisser obésifier la fiesta avec des tombereaux de bigmacdomecq sont déjà à kalachnikover (c'est du “christian laborde”, ce sera un vrai plaisir de le disséquer dans quelques temps par ici ) des animaux dont on verra ce qu'ils en diront quand sortiront les charlotades de jean-pierre et consorts.
zabala de la serna a-t-il utilisé le mot de "mierda" une seule fois pour désigner les 6 de zalduendo de résurrection ?
ou , dans sa jeune carrière, le même vocable pour un jour , un seul de sa vie, désigner un domecq ?

je ne crois pas. question de lutte des classes, à mon avis.
pourtant, si ça ce n'est pas de la merde...ça sent pas bon tout de même.

alors relativisons.

je crois que le mundillo a besoin de ce genre de "spectacle" mais les dés sont trop pipés par ailleurs pour que cela fonctionne vaiment aujourd'hui.
j'ai prié , ce qui est dur pour un agnostique, mais je ne voulais pas voir ce qui devait finalement se passer.
donc , il ne nous reste plus que tout ce que les autres taurinos veulent abattre (les courses ,disons, de bilbao à céret ) et les immolations en direct de JT avec au milieu la gangrène de la "indultitis" soignée par les docteurs perrera et ponce.
vaya mierda ?
...vaya tauromaquia ! je dis.

enfin, chers amis, vous n'avez pas bu en regardant la course ? je suis sûr que oui.
moi, j'ai goûté un savagnin du jura - jacques tissot production- qui valait un monton de fino amanzanillado qui nous ferait prendre des vessies pour des lanternes.
du coup j'ai fini la bouteille.


plus tard, beaucoup plus tard, j'ai calé entre mes deux oreilles, une petenera -le chant de la perdition – de rafael romero “ el gallina” , aussi rêche qu'une toile de pantalon de journalier, trop court, et attaché avec un bout de ficelle rance.
on dit que ce chant “trae mal fario “, qu'il apporte le mauvais oeil. on dit que quand le guitariste égrène les premiers accords de ce palo maldito, on peut alors savoir le nombre exact de vrais gitans par les quatre côtés qui se trouvent dans une salle de concert parce que ce sont les seuls qui se lèvent et détalent à ce moment-là.


le monument à la petenera à paterna


j'écoutais ainsi le poulet qui transmet sa chair à qui l'écoute, sur le vif. mais apaisé et au calme. en pensant tout simplement qu' il y avait moins de “franchutes” , là (j'étais seul avec mes trois princesses ), que chez la anselma qui devrait penser à ouvrir un cabaret du côté de cette sorte de triana germanopratin qu'est la rive gauche à paname.
bref, j'ai traité le mal par le mal.
moins par moins ( victorino regarde sa camade s'allonger – dans tous les sens du terme- au bout du rouleau mais pas de la planche à billets et le “sevillanismo” est insupportable même à des centaines de kilomètres ) .
Ou plus par plus ( j'ai toujours le morantismo aigre-doux - ce capoteo au cinquième à retourner la terre pour la mettre à la place des cieux - et séville a un air incomparable ).
le résultat est identique.

lo peor ? payer 9 euros pour voir cela à la télé, sur “el + “ très exactement. alors là, oui ! vayita mierda de mierda !
passons sur le stéphane bern du callejon.
haussons-nous jusqu'au palco des commentaires.
insupportable.
même la voix rauck'n'rollissima de “ ay mi chenel” parait être de la publicité type cow-boy de marlboro pour promouvoir leur “entertainment”.
et les images ? je résume : une passe, une focale sur la guapa de turno chaussée d'une paire de lunettes à faire remourir- mais de jalousie - cette raclure de pinochet, une passe, un aller-retour sur les "pijos" de tendido, une ... etc, etc...
et la goutte de sueur et le bas recousu et le sabot ensanglanté et ...pouf ! yé n'en pé plou.

au novillo sorti de sobrero j'ai éteint.
il faisait juste un peu jour un peu nuit.
On entendait monter le silence comme sur “la cuesta de las delicias” , au mois d'août, sur les berges de l' oued el kebir. Un silence à peine froissé par le bruit des glaçons qui tintent dans le gin-tonic.
et soudain la lole qui chante à te rendre spasmophile. et manuel qui étouffe la douleur du cyprès devant tant de beauté en y posant sa joue tendrement pour lui souffler “despacio, doucement, despacito”.
un truc à vous faire aimer séville jusqu'à la fin ds temps.
Te acuerdas olivier ?

jeudi 23 avril 2009

Aia ( archipiels 22 )


la fille avait un trou
sous
la lèvre inférieure,
un bijou conique
un totem
de part en part
.
l' egun on
humecta
la peau chaude,
voici l'agneau
de lait,
il donne
son goût
au péché du monde
.
vestale aux doigts
de txakoli
mouillé
par la grêle,
en bas , la mer
son illusion
de piton
des neiges,
l'île
de nathalie
dort
.

on se saoûle
et
une légende
dit
qu'on peut
apercevoir
là, dans la baie
la giclée d'eau
de la dernière baleine
dépecée,
en 1901
.
agerre
talai berri
txomin
etxaniz,
dansent le ventre
de l'amatxi
mokoroa
eizaguirre,
le verre roulé
dans la jouvence
de sa main
.
invisibles
les balles fusent
de l'os jusqu'au feu
tombent
et s'encroustillent
dans le charbon,
ça sent le cuir
la chair rose
de l'odeur
de cordes
sous la dent
.
les enfants
ont les yeux
dans la bouche,
le lait
de la brebis
ouverte
calme
cette cicatrice
et l'enfonce
.
jusqu'au coeur
.

aia/guipuzkoa/19 avril 2009
pessac/gironde/ 23 avril 2009

ludovic pautier



nb : si on observe, à jeun, le blason on croit distinguer un taureau.
quelqu'un a une explication ? alguien tiene explicacion ?

nb2 : les photos sont tirées d'el periodico de guipuzcoa et de la page web de la mairie de aia.

mercredi 15 avril 2009

Là où les rêves



popelina , de de grau, a laissé quelques toreritos des bords de tage toréer sa voiture. ils se sont adorablement prêtés au jeu de la photographie, me dit-elle.
pourquoi répéter ces gestes devant le miroir du salon quand on a une glace si éloquente au tain si pur. je les vois banderiller les mouettes en riant, templer les coques noires qui creusent le fleuve.



des mômes, des chavos, des minots.
il y en a aussi dans ces faenas "de pour de faux" cubiques. querencia des sourires, des bousculades et des défis.
le béton inspire. c'est écrit : la paz.
plaza de toros de la paz. en plein euskal herri.


et par une godille de la mémoire en boucle se superpose la réelle bouffée d'aficion qu' a délivrée juan del alamo en contrepoint des atonies d'une fin d'après-midi de toros en chalosse.



mais cette enfance, pablito, higo, octavio, pinchi, peribanez et cagapoco l'ont sentie passer sous la férule. celle des creux dans l'estomac, larges comme les mains qui s'abattent pour un rien avec la toute puissance des officiants du vainqueur.
pourtant, leurs yeux, leurs inventions, leurs imaginaires sont d'une force tremblée jusque dans leur traque de l'espoir attaché à une graine de caroube. un clou pour jouer. une moitié de crayon de couleur.
"paracuellos" , de carlos gimenez montre que l'histoire arrache les enfants à la candeur et aux tendresses avec une brutalité sans nom.
ou plutôt si .
ceux de franco , de la phalange et de ses instituts d'aide sociale où l'auteur a passé 8 ans de sa vie dans les années 50/60.
était-on mieux traité en france, dans nos orphelinats, nos asiles ou nos maisons de retraite démocratiques ? je ne sais pas si les comparaisons s'imposent. mais je crois en saint artaud.



et aujourd'hui ? de el ejido tout près d'almeria la douce, jusqu'à calais la fraîche il y a tout lieu de croire que l'europe frappe de ses poignes un peuple de migrants dans un enchainement policier, bureaucratique et judiciaire qui laisse inquiet.
effrayé.
le très intelligent long métrage de philipe lioret, "welcome" , recouvre de sa force de rage tranquille la dénonciation de tout cela.
rappel : les peuples qui méconnaissent leur histoire ou qui l'enfouissent sciemment, sont condamnés à la revivre.
comme gimenez avec ses planches, lioret fait oeuvre, avec d'autres, pour ne pas que l'adage se vérifie ici.
sauf que, dans ce cas, il n' y a pas à témoigner pour ne pas oublier. "welcome" c'est aujourd'hui.
c'est inhumain.
n'en déplaise à monsieur besson.
il y a là un enfant, aussi.
comme sur les photos.
un plus grand. bilal, 17 ans. presque del alamo.
comme lui il s'entraine tous les jours. mais sans capote ou muleta.
il nage.
lui , ce qu'il désire, c'est pouvoir traverser la manche et rejoidre albion où l'attendent un amour et une carrière hypothétique de footballeur professionel. un torero lancé depuis l'irak contre son destin qui se lève dans un channel où roulent des tankers qui brisent les vagues de ce tunnel glacé...
de ce film je garde cette image. parce que certains de ces bateaux ont dû enfler les rêves des toreritos de popelina.



nb : la photo numéro 2 est del señor kaparra, que je croise avec plaisir chez solymoscas.
il avait laissé une série de photos sur "toro, torero y aficion" dont celle-là.
je l'ai impunément subtilisée. mileshker par avance, señor kaparra.

nb 2 : la photo de juan del alamo a été prise à mugron le lundi 13 avril par une "socia" du club taurin joseph peyré de pau. merci.

samedi 11 avril 2009

flèches


¿Quien me presta una escalera
para subir al madero,
para quitarle los clavos
a Jesús el Nazareno?
(Saeta Popular)

¡Oh, la saeta, el cantar
al Cristo de los gitanos,
siempre con sangre en las manos,
siempre por desenclavar!
¡Cantar del pueblo andaluz
que todas las primaveras
anda pidiendo escaleras
para subir a la Cruz!
¡Cantar de la tierra mía,
que echa flores
al Jesús de la agonía,
y es la fe de mis mayores!
¡Oh, no eres tú mi cantar!
¡No puedo cantar, ni quiero,
a ese Jesús del madero,
sino al que anduvo en el mar!

antonio machado


Cristo moreno
pasa
de lirio de Judea
a clavel de España.

¡Miradlo, por dónde viene!

De España.
Cielo limpio y oscuro,
tierra tostada,
y cauces donde corre
muy lenta el agua.
Cristo moreno,
con las guedejas quemadas,
los pómulos salientes
y las pupilas blancas.

¡Miradlo, por dónde va!

federico garcia lorca



nb : je fatigue. muchas fatigas. je donnerai les traductions plus tard. saetas. la niña de los peines, fosforito, antonio canillas, miles davis, gil evans (jacques tu les aimais tant ) el prendimiento,el señor manue, cachorro, esperanza, macarena. lorca et machado. viznar et collioure. flèches pour nous , les mécréants du firmament. les bruno . les chulo. pour angel. flèches pour solymoscas. pour jeff pledge. pour que los toros, lundi, ne soient pas des christs à genoux. que les novilleros n'aient pas des attitudes de vierges éplorées. que s'ouvrent la terre et pas les cieux. amen.

mercredi 8 avril 2009

A chano ( mathieu sodore )


certainement parce que dire "chano" nous mettait des oranges dans la bouche , mateo a puisé dans ce pigment afin d' évoquer ce chantre des saveurs et des grâces flamencas ( comme le rappelle la amiga condesa, "il racontait un enterrement et tu te fendais la poire " - voir commentaires du post précédent ).
et ce bleu, si cadiz n'est pas ce bleu ...
on voit ensuite que la gorge , le menton , la bouche ont un langage de gestes fascinants chez cette famille de cantaores. ceux de l'ébriété de l'oralité du peuple jusque dans ces "arrugas" , ces rides tannées, livre de contes des jours de peines, de fatigues et de bonheurs non achetés.
quant au hors-champ du haut du visage , éternité de son empreinte.

mathieu, merci pour cet hommmage.

va por vd , maestro.

lundi 6 avril 2009

Chano Lobato


chano.
le corps comme une graine de trèfle.
l'odeur de vin et de liège quand après le silence tu laissais parler tes mains.un accroc de soie dans une écharpe sur ta bouche de bonbon sucé.
tu t'étais levé, un peu d'air à tes doigts, tu dansais. un peu de sel chipé à la colle du ciel sous tes pieds.
des plus humbles éclats de ta vie, tu taillais des crayons. tu les laissais courir seuls sur la rosée des chants que tu aimais, ramassée avant que le soleil ne frappe la pierre, l'acier, la vapeur , le sommeil de l'évanoui.
hier tu as attendu l'heure après l'aube et la dernière perle s'est compris perdue. asséchée contre ton ventre. la première naissait alors sur mon cil.

sa cadiz, sombre et blanche dans "le bleu du ciel"


je me permets d'emprunter à alfredo grimaldos l'article qu'il publie aujourd'hui dans el mundo en tant que titulaire de la colonne flamenca de ce quotidien national ( gracias angel ).

CHANO LOBATO (obituario)

Chano Lobato pertenecía a los que algunos flamencos llaman “la otra Generación del 27”, la de los cantaores que nacieron el año que sirvió de referencia para bautizar a toda una generación de poetas. Otro ilustre representante de esa hornada de grandes artistas flamencos era Manuel Soto “Sordera”.
Hasta hace poco más de un año, Chano había seguido actuando, con una frecuencia inusitada para su edad. El escenario y el contacto con el público le mantenían joven. Sus chascarrillos sobre las tablas eran complemento inevitable del cante de este gaditano de pura cepa. “Tengo más azúcar que una confitería”, decía con guasa, refiriéndose a la diabetes que padecía. Durante la última década, antes de cada actuación tenía que inyectarse insulina, después se comía una manzana, sin parar de relatar viejas historias de los flamencos de su tierra, y enseguida subía al escenario, donde se crecía de forma sorprendente.
Era un artista total, con una capacidad de comunicación cautivadora. Durante la Semana Flamenca de Alcobendas de 2007, una de las últimas veces que pudimos disfrutar de su cante en directo, nos decía: “Sigo más fresco que una lechuga y cantando mejor que en toda mi vida. Desde hace veinte años me he venido arriba como nunca lo habría esperado”.
Efectivamente, a Chano le llegó el éxito popular cuando ya tenía casi 60 años. “Comparado con las fatigas que he pasado, ahora tengo más dinero que Gardel”, decía. Antes de triunfar ante el gran público había pasado toda una vida cantando para baile, faceta en la que estaba reconocido como el número uno.
Juan Ramírez Sarabia –verdadero nombre del cantaor- nació en la castiza calle de la Botica, en pleno barrio gaditano de Santa María. El apelativo artístico con el que se hizo popular lo heredó de su padre, Sebastián (Chano) Ramírez Lobato. Respiró el flamenco desde niño y muy pronto decidió ser artista. Empezó actuando “al plato”, y aseguraba que así se doctoró en psicología. “Yo tenía el cante en las tripas, pero fue la necesidad la que me obligó a hacerme profesional”, recordaba. “Mi madre se quedó viuda cuando yo era un chiquillo. Yo era el mayor de los hermanos y tenía otros cuatro detrás, así que me tuve que tirar al ruedo”.
Allí en Cádiz, comenzó su trayectoria profesional sufriendo las penalidades de rigor y la “guasa” de los señoritos, en los tablaos de la ciudad y en la venta La Palma, donde también se buscaban la vida personajes flamencos como Aurelio Sellés o Antonio El Herrero. “Había que ver el hambre que pasábamos”, aseguraba. “Los artistas siempre muy arreglaos, mucha brillantina en el pelo, la corbata muy tiesa, la camisa bien ‘planchá’… y ‘desmayaítos’. El día que no salía juerga, no se comía”.
En cuanto pudo, se trasladó a Madrid, donde trabajó en los tablaos El Duende y el Arco de Cuchilleros, antes de empezar a recorrer el mundo con la compañía de Manuela Vargas y, después, cantándole a Antonio. Estuvo numerosas veces en Japón, donde era un ídolo. “Al terminar una función, en Tokio, salí de los camerinos para firmar autógrafos, como de costumbre”, relataba con su gracia desbordante. “Entonces me llamó un muchacho japonés, que era bailaor y hablaba español, y me dijo: ‘Maestro, le voy a presentar a usted a un gran cantaor japonés, se llama Chano Lobato”. Resulta que aquel hombre se había aprendido un disco mío de memoria y se había puesto mi nombre. Allí eso es normal”.
Chano era un maestro del ritmo, capaz de meter a compás flamenco cualquier bolero, cuplés y hasta los tangos de su admirado Carlos Gardel. Su gloriosa versión de “Volver” por bulerías la han imitado, con escasa fortuna, muchos artistas. Gracias a este entrañable cantaor gaditano, numerosos jóvenes se engancharon al flamenco durante los años noventa, una década en la que el arte jondo consiguió conectar con nuevos públicos. Y Chano fue uno de los grandes abanderados de ese movimiento, sin perder un ápice de su autenticidad, fiel a su herencia gaditana, mairenera y caracolera. Su talla artística sólo era comparable a su enorme dimensión humana. Era uno de los últimos representantes de una forma de vivir el flamenco que ya ha desaparecido.

ALFREDO GRIMALDOS

dimanche 5 avril 2009

duendéicide



alors nous y voilà.
aux frémissements de la saison du taureau.
« la gran temporada » écrivait fernando quiñones.
pendant l'hiver j'ai remisé à plusieurs reprises la nécessaire invite de mon cher solymoscas à tarauder l'idée que le duende s'agite entre ce qu'en dit sanchez ferlosio ( " La telúrica pedantería del narcisismo andaluz, por la que pretenden que sólo ellos pueden llegar a sentir y comprender plenamente lo suyo" ) et ce que ne montre pas morante de la puebla.

mais qui se fiche précisément dans les tuméfactions de la chair d'un escolar gil littéralement cloué par l'épée déicide de jose prados el fundi dans une croix parfaite.


et puis, aujourd'hui , il y a ce texte d'olivier : « l'enjeu de l'aficion ».

dont je tire ces lignes :

« Il n’y a rien de pire que d’aimer la corrida sans mesurer pleinement ce qui s’y joue. Oublier le sang que l’on y verse tous ensemble. Tous, sauf le toro. »

peut-être que , parce que nos chemins initiatiques en aficion strient la peau d'une carte d'une même espagne, j'ai tendance à me retrouver dans ce qu'il écrit , je suis caillou après caillou son propos et j' y accroche mon mouchoir.


« mes amis, voyez je me meurs;
mes amis, je suis au plus mal.
J'ai mis trois mouchoirs sur mon coeur
et j'en ajoute un qui fait quatre »

lorca , encore.



dans l'oeil d'un raso el portillo, la boussole de la bravoure

lorca fait souvent les frais de la vindicte arrosant les pâmoisons des tirades à deux balles des adorateurs du veau d'or que seraient le duende et son aéropage de corrolaires : ballet, émotivité, bel oeuvre, manière, frisson, esthétisme, poésie...maigres branches où s'accrocher pour se maintenir sur l'arbre qui cache vaniteusement et pompeusement la forêt des désastres à l'horizon où nous mènent ces ersatz de corridas que nous subissons.


pourtant, federico parle de combat.

il réfute la muse et l'ange. Il convie le taureau comme élément primordial à sa convocation.

or ce qu'on voit ajourd'hui le plus souvent dans une arène ressemble de plus en plus à une invocation : on invoque un partenaire, un collaborateur, un permissionaire, un faire-valoir ajouté, un élément propice...


lorca, lui, anime de sa poétique irradiante la lutte, le pas à pas du corps qui lutte contre son propre entendement, « le point de danger où culmine le terrible jeu » et certes pas l'appel à des cieux qui s'entrouviraient sur la forme d'une grâce dont on nimberait la « rencontre » entre un homme paré des atours de l'élu avec la matière qui lui serait donnée à modeler en courbes et en spasmes lents, jouissifs et spectaclaires.

lorca ne voyait pas le duende batifoler sur la langue pendante d'un animal réifié pour les nécessités d'un événement festif.


ceux qui s'appuient sur son héritage pour ne pas dénoncer les dérives de la tauromachie mais pour en distiller une sorte d'essence frelatée de folklore volatile avec des mimiques de gardiens de musée de l'évanescence artistique et forcément sublime sont coupables de ne pas voir que son cadavre n'est pas là pour nous protéger mais nous enfoncer ses os dans la béance des oublis et des égarements de ce combat au coeur de la vérité.

au coeur de la vérité, los toros de guisando

nb : les photos sont de manon (fundi/victorino/madrid et un borrego d'un de ces élévages qu'on dit braves ) et de campos y ruedos ( raso del portillo au campo ). j'avoue méconnaître les autres sources.