samedi 21 février 2009

C'était " un noir taureau de papier "



en terminant la mise en oeuvre et la réalisation de ce projet , jacques avait écrit :

" mes noirs taureaux de papier
m'imposent autant de crainte et de respect
que les noirs taureaux de l'arène. "



en ayant pris le temps de retrouver la puissance et la finesse du dessin de ce " noir toro..." j'ai une deuxième fois réalisé combien la symbiose avec la poésie est un vrai combat. et aussi combien j'ai aimé cette lutte, cette " lidia " avec notre passion commune et que jacques savait si bien invoquer et convoquer.
souvent cela me manque mais souvent ces souvenirs me saisissent et m'emportent plus loin.
jacques n'est plus là mais nos longues conversations continuent puisqu'il y a toujours une corne sous un chêne rouvre ou des fleurs myosotis dans un cercado, une demie-véronique charpentée comme la coque du vaisseau du flying dutchman ou une vierge de boticelli, un santa coloma qui s'arque-boute dans sa dernière exhalaison ou les premières notes de la saeta de miles davis pour me le rappeler.

voilà. si cette série vous a accroché l'oeil , si vous avez ressenti une palpitation à suivre les mots sur les contours à l'encre des flancs de ce taureau né sous la lune et mort sur le sable , vous êtes invités à lancer quelques fleurs, puros ou sombreros de ala ancha dans le ruedo des "pinchos del ciego".
un abrazo.

3 commentaires:

popelina a dit…

(...) lindo.

mathieu a dit…

Ludo,
Lorsque tu as entrepris de mettre en ligne "Noir toro blanche arène" j'ai ouvert le portfolio couleur bronze resté fermé trop longtemps. J'ai redécouvert, outre les textes et les oeuvres reproduits, le trait fin et ferme de Jacques dans le toro de la dédicace, ses mots sensibles, l'amour du métier bien fait dans la facture de la linogravure qui accompagne l'opus. Je me souviens. C'est en regardant les dessins de Jacques dans "Callejon", il y a trente ans, que j'ai commencé à dessiner des toros à l'encre, c'est lui qui m'a appris la technique de la linogravure et mille autres trucs du métier fruits de son expérience et de sa sensibilité. Remontent alors d'autres souvenirs. Les nombreuses expositions "mano a mano" dont tu as souvent été le complice, l'exaspération de Jacques au moment d'accrocher les toiles, la sérénité de "Papi", le bonheur des conversations qui suivaient. Les apéros interminables à parler de "cosas de toros y pintores", sa capacité à se fâcher pour une broutille et t'offrir cinq minutes plus tard un verre de vin, les tertulias non moins animées d'après corrida près des arènes du Plumaçon, son côté tour à tour bougon et volubile, renfrogné et jovial au gré des réactions de ses "contertulios".
Merci Ludo pour cette "madeleine", merci d'avoir rendu moins confidentielle cette publication, merci d'avoir fait partager à ceux qui aiment ta plume et son pinceau une aventure passionnée de vies croisées.
Je suis seul en ce moment à Lisbonne mais j'ouvre une bouteille de vin rouge du Somontano pour "brinder" avec vous. L'amitié et l'admiration n'ont que faire du temps et de la distance! Va por ustedes y enhorabuena!
Mateo

ludo a dit…

popelina ! quel plaisir...
je recommande à chaque lusophile , et autres, mais pas forcément lusophone comme moi, d'aller vers le très beau blog "degrau".

mateo. que dire. rien.tout est là.
je t'embrasse.

ludo