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jeudi 23 décembre 2010

Haute gravité

Tuer un animal en public est un acte d’une haute gravité a un jour énoncé Jean-Jacques Baylac (R.I.P.) à travers un portrait que lui avait consacré Jacques Durand dans "Libé" . On aime répéter cette phrase à la barra nuestra. Parce qu'elle est hautement morale et raconte beaucoup de ce qu'est réellement un combat d'un quart d'heure entre un homme et un animal.
la disparition de cet aficionado de haute volée,  ne fera peut-être pas la une des grands et des petits médias taurins, surtout ceux du mundillo espagnol ,  mais il faudrait pourtant marteler jour après jour cet aphorisme précieux à l'oreille de certains qui vont a los toros comme on va au Puy-Du-Fou ( Mithra m'en préserve ! faire obole de mes picaillons à l'ectoplasme condal qui nous a torché cette "création" , mais ça va pas la tête, non ? ).
Merci pour Vic Señor Baylac. vous êtes mort mais je ne vous plains pas puisque je sais que dans la grande plaine des outre-tombes vous deviserez des courses mythiques avec beaucoup de personal ,  dont mon cher Jacques qui vous appréciait ô combien.


nb : Dali con pinceles y Manolo Mejia a sangre y tripas.

mercredi 3 juin 2009

Chemin de vic 5 ( les tripes de la luzerne )



Gers des silences qui lissent ses vallons ( la lumière flotte dans l’éole parfait des senteurs de pailles presque cassantes, un peu fraîche encore, idoines pour s’asseoir, joindre ses genoux , gracile y poser son menton ) .
Vic des furies qui débordent par ses outres ( L’air s’alourdit des fanges qui balisent de leurs odeurs de pisse chaude et de souffles lourds comme rouelles de barriques usées les heures où tranche le soleil ).
feria où cognent le cuivre du bruit et la bigarrade des grappes de la fantaisie et de la bêtise liées par l'excés et la démesure ( le souffle des musiciens de rue et de scène gonfle ou vide les ardeurs, c'est selon )
arène et temple de légende intègre.
...


On pourrait y penser si on avait le temps, mais il faut enchaîner course matinale et vespérale * .
Perles d’un rosaire aficionado trop pléthorique. Syncrétisme nouveau de spectateurs alimentés à la chaîne . Moloch à tête d’apis qui dévore ses enfants.
Alors on est un peu frontal baissé et on ressemble à s’y méprendre à un garcigrande d’amphithéâtre. Allez savoir pourquoi…



Mais les hommes sont têtus. Même dans cette adversité , cet air fol du temps, il a toujours bâti des moments où, relever la tête et séduire la vie, n’est pas un vain mot. Ou Juste un slogan chic ou choc genre « le bonheur est dans le pré » , cette sombre tyrannie marketing.
Il se donne , l’homme, l’instant, le lieu, les présences et l’harmonie nécessaires pour noyer son nez dans les effluves d’un léon barral, ce vin dont le propriétaire a un nom qui sonne comme patronyme d'un chef de quadrille hispano-landais aux bacchantes frémissantes d’affronter par un clair après-midi des croisés de joseph lescot.
Il s’octroie le luxe de mettre la manteca suave et vive à la fois d’un mas jullien, d’un clos thou, sur des paroles d’échange simples et passionnés avec une pandilla d’une espèce semblable et différente aussi, complémentaire ou stimulante à la sienne.
bref, l’homme a besoin de temps , d’espace et de confrontation pour s’abreuver l’âme et le gosier. Un peu comme los toros.
Ce retour en terre de vic fut un délice.


Que sortent ( mais pas 12 ou 18 ! cela étant déjà arrivé, m’ a-t-on dit, en pays gardois ! l’ineptie ! ) tous les après-midi de grande corrida 6 exemplaires taillés au physique comme au moral tels « camarito » et « baraquero » (je sais plus de noms de taureaux braves que de noms de chats ou de chiens domestiques messieurs les amoureux des animaux ) et nous serons heureux, réconciliés .

Que sortent aussi de vez en cuando des taureaux qui divisent l’aficion, qui déboussolent les convictions pour mieux les étayer, qui donnent envie d’en savoir autant que les vaches dont ils sont les fruits du ventre généreux (manger leur herbe, lécher les poils de leurs progénitures, fouiller de la corne la pâte de leurs encinas, galoper à perdre sabots dans leurs champs pelés ou d’émeraudes …) et qui demandent que l’on se saoûle longtemps pour s’apercevoir qu’on est d’accord à s’en tomber dans les bras. comme ceux de fidel san roman du dimanche après-midi.

jean-luc m’avait glissé : « elle est grande, grosse et vieille ».
« qui ? » avais-je demandé.
« la course ».
ah, une matrone pour rassembler tous ces garnements de tertulia !
une maîtresse d’école revêche et armée d’une bonne règle en bois pour ranimer la guerre des boutons des tendidos !. Ça purge nos idéalismes. Ça saigne nos conforts de pensée. Tant que celui qui se met face à la marâtre est respecté par le public, ça aussi c’est salutaire. Et emporte le consensus dans un tourbillon qui m’enchante et me ramène un peu groggy vers mes pénates girondines…

Vous l’avez devinez . je suis sur le chemin du retour, mais un bout de luzerne entre deux lèvres teintées de mourvèdre et de manseng, je traînaille les yeux au vent. des taureaux dans la tripe.

* J’ai le regret de constater que cela se passe au pays de monsieur baylac dont j’ai toujours admiré la sentence, primordiale pour moi : tuer un animal en public est un acte d’une haute gravité. d’où sa parcimonie éloquente, réfléchie et assumée pour que rien ne le galvaude ou ne l’étourdisse.

vendredi 29 mai 2009

Chemin de vic 4 ( la luna es un pozo chico )


- ciego !

- si , compinche que hay ?

- a que estas pensando " chemin de vic " ?

- al señor lancho, al señor lancho. y a eso :
une ombre s'étend et une présence s'éloigne. el fundi.



- aun no llora el "vintage" cargado de un alcohol torerisimo llamado morante ?

- pilla eso colega : pourquoi personne aujourd'hui ne pense à convoquer un mano amano el fundi / morante ? la "mayonesa" perera/ponce/juli/manzanares/fandi/talavante/no se que tourne à la chantilly laissée dehors un jour de canicule...inmangeable. indigeste.

- el de fuenla con el de la puebla ? vaya curiosidad !



- escucha mon drôle :ce serait une vraie confrontation, un vrai duel, un discours authentique à l'épreuve des faits. tiens, toma ya : une corrida-concours avec un salpicon du meilleur de " domé " et du nec de santa-coloma. cuadrillas de lujo. piqueros de postin.

- loco, eres un loquillo ciego !

- a los locos la luna es un pozo chico y las flores no valen na'.

- lo que valen son los brazos...

- que de noche me abrazan !

- ole

- si , arsa y toma.

- buen viaje ciego.

- je m'en vais " contento " parce que "alla" je compte bien accouder mon aficion à la barra dantesca des arènes jo fourniol. où croiser los de las trincheras del toro. les tauromaches et les aficionosophes. te contare.

jeudi 28 mai 2009

Chemin de vic 3 ( le ciel se resserre )


( A Israël Lancho )

hier.
trois toreros.
un sextet de sagaies.
la vibration
à la lumière noire
sourde
lancée vers
trois coeurs sans limites
mais hâves
et pétris d’incertains.
j ‘ai vu leur sablier.
la silice devenir
croûte abrégée
du chemin.
les corps voulaient
sucer leur effacement
mais
six nuages
longs
de combat
allongeaient les jonquilles
et le sang.
tam-tam
bourbe
serge rouge
sans rien d’autre
que la tache crue
du soleil sur le front.
une nano seconde.
la mort a voulu
glisser
sa semence
la vie a mis
sa bouche
sur la cloche
qui sonnait sous la soie.
ce soir
la déroute et la fascination
taillent les pierres
de la ravine
qui nous mène
vers la fosse
où le ciel se resserre.
une arène.

ludovic pautier