Tuer un animal en public est un acte d’une haute gravité a un jour énoncé Jean-Jacques Baylac (R.I.P.) à travers un portrait que lui avait consacré Jacques Durand dans "Libé" . On aime répéter cette phrase à la barra nuestra. Parce qu'elle est hautement morale et raconte beaucoup de ce qu'est réellement un combat d'un quart d'heure entre un homme et un animal.
la disparition de cet aficionado de haute volée, ne fera peut-être pas la une des grands et des petits médias taurins, surtout ceux du mundillo espagnol , mais il faudrait pourtant marteler jour après jour cet aphorisme précieux à l'oreille de certains qui vont a los toros comme on va au Puy-Du-Fou ( Mithra m'en préserve ! faire obole de mes picaillons à l'ectoplasme condal qui nous a torché cette "création" , mais ça va pas la tête, non ? ).
Merci pour Vic Señor Baylac. vous êtes mort mais je ne vous plains pas puisque je sais que dans la grande plaine des outre-tombes vous deviserez des courses mythiques avec beaucoup de personal , dont mon cher Jacques qui vous appréciait ô combien.
nb : Dali con pinceles y Manolo Mejia a sangre y tripas.
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jeudi 23 décembre 2010
jeudi 16 juillet 2009
Walking on the moun ( Jour 1 )
samedi 21 février 2009
C'était " un noir taureau de papier "
en terminant la mise en oeuvre et la réalisation de ce projet , jacques avait écrit :
" mes noirs taureaux de papier
m'imposent autant de crainte et de respect
que les noirs taureaux de l'arène. "
en ayant pris le temps de retrouver la puissance et la finesse du dessin de ce " noir toro..." j'ai une deuxième fois réalisé combien la symbiose avec la poésie est un vrai combat. et aussi combien j'ai aimé cette lutte, cette " lidia " avec notre passion commune et que jacques savait si bien invoquer et convoquer.
souvent cela me manque mais souvent ces souvenirs me saisissent et m'emportent plus loin.
jacques n'est plus là mais nos longues conversations continuent puisqu'il y a toujours une corne sous un chêne rouvre ou des fleurs myosotis dans un cercado, une demie-véronique charpentée comme la coque du vaisseau du flying dutchman ou une vierge de boticelli, un santa coloma qui s'arque-boute dans sa dernière exhalaison ou les premières notes de la saeta de miles davis pour me le rappeler.
voilà. si cette série vous a accroché l'oeil , si vous avez ressenti une palpitation à suivre les mots sur les contours à l'encre des flancs de ce taureau né sous la lune et mort sur le sable , vous êtes invités à lancer quelques fleurs, puros ou sombreros de ala ancha dans le ruedo des "pinchos del ciego".
un abrazo.
mercredi 18 février 2009
Epilogue / Epilogo
Noir taureau
combattant de pointe sèche
de fleur et de sang au lavis
ton regard oublie les arbres
seul,
dans une blanche arène
ivre de chants telluriques.
Negro toro
luchador a punzon seco
de flor y sangre aguada
tu mirada olvida las encinas
unica,
en una arena blanca
ebria de cantes teluricos
copyright jacques bacarisse et successeurs / ludovic pautier
tous droits réservés
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vendredi 13 février 2009
Faena
( El Toro )
Que veux-tu ?
Lécher cet oiseau rouge
écorché de soleil provocant,
je veux figurer l'infini
perdu de l'être.
( El torero )
Faena,
les biffures laissées dans un bruit
d'ardoises qui éclatent !
Par un pélerin immobile...
( El toro )
Que deseas ?
lamer el pajaro grana
arañado de sol desafiante,
quiero parecer el infinito
del ser desanimado
( El diestro )
Faena,
tachaduras dejadas
en un revuelo de pizarra
que rompe !
por un peregrino quieto...
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mardi 10 février 2009
Palos
C'est le tercio
des ailes nimbées de miel.
Les promesses épanouies,
le vent de feu
ont mené le combat,
ouvriers martelant la poussière.
Alors les lèvres animales
toute peine perdue
veulent boire au puits de ces bras.
Es el tercio
de las alas nimbadas con miel.
Las promesas abiertas
el viento de fuego
han desarollado la lidia,
obreros golpeando el polvo.
Entonces los labios animales
como duquelas perdidas
desean beber al pozo de los brazos.
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jeudi 5 février 2009
Puya
Les cavaliers du souvenir
mesuraient l'orge
le froment l'huile le vin.
Et au gré des herbages
ils avaient la foulée des amants.
Celui-là porte
sur ses flancs une nuit
de pierre blanche.
Le taureau sent
hors de lui
courir sa couleur de foudre archaïque,
dans un épais bouilllon au garrot
une tendre rigole au sabot.
Los jinetes del recuerdo
aneaban la cebada
trigo aceite y vino.
Y a merced del pasto
tenian la zancada
de los amantes.
Este lleva
en sus lomos noche
de piedra blanca.
El toro percibe
que fuera
corre su color
de rayo arcaico,
en un espeso caldo en la cruz
una tierna acequia al casco.
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mardi 27 janvier 2009
Le lancier / El varilarguero
La cigarière n' a pas planté
où il fallait
son oeuillet noir.
La cigarière l'a effeuillé
sur un mauvais destin.
Elle aurait dû s'apercevoir,
que le centaure a les doigts jaunes
de tabac brun.
No le clavo la cigarrera
donde hace falta
su clavel negro.
La cigarrera lo hojeo
en mal fario.
Habriase dado cuenta,
que el centaurio tenia
amarillados dedos
por el negro.
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samedi 24 janvier 2009
Capote
La bête plante
sa féconde abondance
au capote
jusqu'à la trame intime.
Curro et Rafael
en font des parchemins , équinoxes
ou solstices aigus
de l'oeil qui sait lire :
"Il n'y a pas que ce qu'il y a
mais d'abord la persistance..."
El burel clava
a chorros fecundos
el capote
hasta el mas intimo
de su trama.
Curro y Rafael
hacen pergaminos , equinoccios
o agudos solsticios
del ojo que sabe leer :
" No hay solamente lo que hay
pero primero lo que se resiste ..."
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mardi 20 janvier 2009
Sortie / Salida
Tu étais
bos taurus aquatique
caché au fond des lacs.
Tu deviens
Taureau des étoiles,
dieu de la lyre d'Ur
conservant ta semence cosmophore.
Le ciel dur n'est que bleu,
tu mugis
comme avant l'orage.
Fuiste
bos taurus acuatico hundido
en la profundidad de lagos.
Te vuelves
Toro de estrellas,
dios de la lira de Ur
vigilando a tu semen cosmoforo.
El cielo fuerte
no es mas que azul,
muge igual
que antes de la tormenta.
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vendredi 16 janvier 2009
Paseo
Entre le patio des chevaux
et le premier sable
cette matrice
imbibe sous la dentelle,
le carton bouilli
les bas rosés, le métal précieux.
La sueur est une horloge.
Puis c'est le soleil
ce surin dans la nuque.
Chacun laisse dans l'air
sa peau
et sur l' inexorable
une trace se creuse :
un sillon de caravane.
(vite, que viene el toro
pour être sûr d'un moment de calme. )
Entre el patio de caballos
y la arena primera
la matriz
empapa bajo del encaje,
del carton hervido
de las rosas medias, del precioso metal.
El sudor es un reloj.
Pues se da el sol
esa faca en la nuca.
Cada uno deja en el aire
su piel
y por el ineludible
una huella se abre :
un surco de caravana.
(de prisa, que viene el toro
por sentirse cierto de un tiempo de calma )
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mardi 13 janvier 2009
Campo
Un frisson lisse ses ailes
dans la neige amère.
Ce mai andalou oublié,
de pharaonnes et de baisers d'azur,
de taureaux mauves aux cornes d'oranger,
ne pas s'inquiéter.
Une brise les ramènera.
Un escalofrio sus alas alisa
en la nieve amarga.
Este mayo andaluz olvidado,
de faraonas y de besos azules,
de toros morados con cuernos naranjeros.
Que no se apuren.
Una brisa les hara renacer.
copyright jacques bacarisse et successeurs / ludovic pautier
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jeudi 8 janvier 2009
Prélude / Preludio
Prélude
Quelques heures
sous la lune déjà.
Il contemple la rousse cithare
allumeuse des sentiers,
des deuils en sursis.
Presqu'un jour
à fouiller les flancs d'une mère
avec cette sentinelle de rosée
limon laiteux par-delà les déserts
les marais.
La luna, torito, la luna
de l'obscurité le moyeu
alluciné
puis exsangue
tu seras le captif.
Preludio
Unas horas ya
por debajo de la luna.
A la citara rojiza admira
como prenden los senderos
los lutos condicionales.
Casi un dia
en hurgar los lomos maternos
con la sentinela de rocio
legamo lechoso mas alla de desiertos
de marismas.
La luna, torito, la luna
del cerrazon el cubo
alucinado
y palido
seràs su cautivo.
copyright jacques bacarisse et successeurs / ludovic pautier
tous droits réservés
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mercredi 7 janvier 2009
Noir toro blanche arène ( hommage, archipiel y trasmontes )
en 1999, jacques bacarisse, peintre, ami, mentor, père spirituel et beaucoup d'autres choses encore me demanda de l'accompagner dans une aventure picturale qu'il voulait attachée à retracer la vie d'un toro brave, du campo jusqu'aux derniers souffles sur le sable * .
il s'agissait de lui donner autant de textes que de dessins qu'il comptait de son côté travailler pour mener à bien ce projet. Ce fut un plaisir, un bonheur et une réusite.
tiré sous forme de livre d'artiste, à 150 exemplaires seulement et introduit par une préface adhoc de l'ami miguel darrieumerlou, cette belle histoire qui s'avérait aussi la manière la plus gracieuse de sceller notre rencontre plus de 10 ans auparavant s'intitula « noir toro blanche arène ».
l'été suivant j'eus l'honneur de lire ces textes en préambule d'une exposition (un mano a mano bacarisse / sodore ) en l'église de bauciet au début de la feria de la madeleine.
depuis l'idée me turlupinait de trouver un moyen de faire connaître ce fruit de notre aficion commune et de nos émulations artistiques à un plus grand nombre. Elle fut évoquée. s'évapora.
Puis jacques partit en laissant un puits où son absence nous assombrit mais où son exemple et son humanité, sa générosité et son talent, font qu'il y a toujours de l'eau pour s'étancher la soif de vivre en pensant à lui.
dès que le zinc des « pinchos » fut prêt, je sus qu'un jour proche arriverait où j'aurais l'envie et l'occasion de partager à nouveau ce cadeau que jacques m'offrit de façonner avec lui.
alors voilà. ce seront mes étrennes.
à tous ceux qui s'arrêtent par ici.
le texte est parfois retouché (quelques maladresses, quelques repentirs...) mais les illustrations sont rigoureusement celles du livre ( avec en en-tête le dessin de la page qui introduisait le titre des péripéties de la vie d'un taureau de combat et en « fermoir » le dessin qui accompagnait le texte à droite ).
la publication sera d'un texte par semaine environ car je vais passer par la traduction afin d' inviter les “hispanohablantes” de ce blog à goûter à l'hommage envers celui à qui je dois la fierté d'être encore aujourd'hui aficionado a los toros.
*sur le sable, un joli texte de nadège vidal ce matin.
en 1999, jacques bacarisse, pintor, amigo, mentor, padre espiritual y muchas cosas mas me pidio de acompañarle en una aventura pictural que planeaba para recordar la vida de un toro bravo, del campo hasto sus ultimos soplos en la plaza * .
necesitaba tantos textos como dibujos suyos que se proponia de grabar para conducir el proyecto hasta su rumbo. fue todo un placer, una alegria y un exito.
publicado debajo la forma de un libro artistico , de 150 tiradas unicamente y introducida con un prologo del amigo miguel darrieumerlou, esta preciosa historia, que fue tambien la manera la mas graciosa para sellar un encuentro pasado ya de mas de diez años, se titulo : « noir toro blanche arène » o sea « negro toro virginal arena ».
el verano siguiente tuve el honor de leer estos textos en preambulo de una muestra de pintura (un mano a mano bacarisse / sodore ) en la iglesia de beauciet al empezar la feria de mont de marsan.
desde unos tiempos me estimulaba la idea de encontrar una medida de llevar a conocimiento de los demas este fruto de nuestras pasiones y emulaciones artisticas . Fue evocada. pues se esfumo.
y jacques se fue, dejando un pozo donde su ausencia nos asombro pero donde tambien su ejemplo y su humanidad, su generosidad y su talento, hacen que siempre hay agua para curarse de la sed de vivir pensando en el.
desde que me encontre listo en la barra de los pinchos sabia que llegaria un dia para satisfecer el deseo de compartir de nuevo este regalo que jacques me propuso de faenar con el.
aqui estamos. esto seran mis reyes.
para todos los que paran un ratito aqui.
a veces el texto resulta corregido (unas torpezas, unos arrepentimientos...) pero las ilustraciones son exactamente las de la obra. ( por arriba el dibujo de la pagina que introducia el titulo de las peripecias de la vida de un toro de lidia, por abajo el dibujo que acompañaba el texto a su derecha).
mas o menos publicare un texto cada semana porque quiero traducir los textos al español y , asi, nuestros amig@s hispanohablantes podran disfrutar de este homenaje al hombre a quien debo el orgullo de ser hoy un aficionado a los toros.
*en cuanto a las arenas del redondel, un hermoso texto de nadège vidal esta mañana.
miguel,dans sa préface ( qu' il me pardonne de ne pas la citer in exteso ) , écrivit :
" Alchimie des mots et du geste, secret mano a mano du rêve et du trait, le taureau couleur de nuit quitte ses rocailles pétrifiées de soleil et foule à jamais l'anneau incandescent d'une arène écrasée d'attente. Un taureau noir naît brusquement au mitan de la piste : il nous conduit aux portes du rite..."
voilà. le ciego vous laisse avec cet aguardiente à la bouche et dès demain : al grano !
miguel, en su prologo ( que me perdona no citarlo in extenso ) decia :
" alquimia de las palabras y del gesto, mano a mano secreto del sueño y del trazado, el toro color de noche deja su rocas petrificadas de sol y pisa para siempre el anillo incandescente de un redondel aplastado por la espera. Un toro negro nace de repente en los medios : nos trae hasta las puertas de un rito..."
bueno, el ciego se despide con este sabor de boca a aguardiente y mañana : al grano !
nb : je remercie pascaline "papi" bacarisse, sa famille et miguel darrieumerlou pour avoir autorisé cette publication en ligne. oui, merci. vraiment. va por ustedes.
le agradezco a pascaline "papi " bacarisse, a su familia y a miguel darrieumerlou el permiso de publicacion. que si, gracias, realmente. va por ustedes.
mardi 24 juin 2008
Les mains du poète

Simplement
pour toi Jacques
in memoriam.
Les mots d'un autre
car les miens sont encore trop serrés
pour ne pas se laisser
enrouler
dans la houle
qui va du coeur
à la gorge.
Et puis j'aimerais parler de toi par morceaux.
morceaux d'une entité qui commenceraient par ce que ton corps de peintre avait de plus précieux : les mains.
Car chaque fois que je lis ce poème, je pense aux tiennes.
Les mains du poète
Les mains disent ce qu'elles occultent.
Car elles emmagasinent vie, chaleur, l'éclat intact
d'une autre peau qui s'enflamma en secret,
qui céda avec tendresse ses prodiges
avant d'être mémoire, soubresaut.
Les mains disent ce qu'elles occultent.
Elles dessinent une lumière et son envers
qu'est l'ombre sonore ou le silence.
Silence, mis non oubli.
Oublier est inertie, laisser le fleuve s'écouler.
Le poète creuse la mer de sa voix profonde.
Voyez ses mains qui escriment
l'épée de la lumière :
elles empoignent un son.
Jose Gutierrez ( La armadura de sal )
illustration : dessin original de Jacques Bacarisse / Parentis 2001 / collection particulière
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