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vendredi 15 mars 2013

Théophanie subliminale (a Sol y Moscas )




...qui de vous grossiers belluaires
qui combattez de pubères bicornes- engraissés
aux tables de Capoue- , saignés
par des bourreaux juchés sur des piedestals
de chair malade, ferait des fioritures
face à des poignards fulgurants
frémissant d'ire et de fureur ?

Qui sa main perfide osa poser
sur le front frisé du roi de la prairie ?
dans le grand vent des campagnes où soudain il se retourne
et agite ses poignards
qui de vous impunément
défia sa colère ?
(...)
Son éclair lui vient de Zeus, son trident
de Poséidon ; dans sa tour brûle
le feu sacrée sans la royale licence
d'Héphaïstos; et ses roues de fer
que jamais
Vulcain dans sa forge ardente
n'eût pu fabriquer avec sa science métallurgique,
sillonnent la terre, tandis que sur ses flancs
le Serpent Voyageur, unissant
et nouant sa tête et sa queue,
a pu souder
les continents avec ses écailles froides.
(...)
Ô Géryon,  notre père, que jamais nous ne soyons
vassaux des hommes et des chevaux !

Fernando Villalon/ La Toriada/ Ed.Mare Nostrum/ Trad. Jacques Issorel

lundi 21 juillet 2008

Une ombre et une étoile ( carnet du plumaçon 3 )


Alors voilà : vous montez au plumaçon, vous avez toute l'illusion du monde. sous la pulpe des doigts le papier glacé du précieux sésame semble frissonner. (surtout ne pas le froisser ce billet).


il y un air de gravité dans les regards connus que vous croisez. vous vous êtes habillé en noir et sous ces écorces de suie quelque chose palpite un peu plus fort. claro. es tarde de Miura.




Et vous assistez à un défilé d'invalides,blessés (le premier à la patte arrière droite), passés au taille-crayon. à un massacre en règle par des types montés sur un canasson et qu'autrefois, quand leur nom était imprimé sur les affiches en aussi gros que celui des belluaires, on appelait toreros. à un opéra-bouffe dont le livret est signé juan jose padilla. à des invectives fusant de la masse à tout va, en tout (non)sens. voilà. notre époque s'ose à tout. même à enlaidir les légendes.




Rafaellillo. son coeur je crois l'avoir entendu tellement hier il battait fort sous le chaleco.


2 oreilles. a ley. murcia est une terre d'amandiers et de vérité sincère. on laboure la terre des uns avec la puissance des sentiments de l'autre. parfois il y croît des hommes libres. c'est toute une émotion que de les voir grandir puis partir (pepin jimenez, pepin liria). sur ce limon la planta de rafaellillo a encore poussé de quelques mètres hier au soir.




Torrestrella. si miura claque comme un coup de glotte , ce nom-là c'est pure poésie. une tour et une étoile. les champs et les cercados à perte de vue autour de l'édifice. un astre juste au-dessus pour éclairer les taches de charbon finement éclaboussé de grain de lin, de gouttes de rouille. le silence les nimbe. dans la tour trois chevaliers se préparent à une quête, à dérober un graal caché dans le manteau d'une nuit à 6 croissants de lunes. ils se regardent puis il s'étreignent.


vamonos !

dimanche 20 juillet 2008

Aleph (carnet du plumaçon 2)


A.
La A de Zahariche.

Aleph.

la tête de troupeau qui se couche
puis se retourne.

brûlerie
de la méfiance de la caste de l'instinct

le squelette plus long

nécessaire
pour puiser le poison
au bord du puits des légendes.

A.

je l'écris
il me regarde.


alors ?
alors s'habiller de noir.
ainsi ce respect du sang
qui coulait des blessures de Pepete
d'El Espartero
de Manuel Rodriguez
qui suit la rigole des siècles
jusqu'à nos mains
Roger Dumont l'a toujours eu
l' a perpétré
arrivé jusqu'à nous
mathieu
moi
drapés de nuit
nous conjurons la faux
en croyant
que les tourments sont des nuages
seulement sales.


peut-être alors qu'il pleuvra.
peut-être alors que la sciure
les copeaux
de la tauromachie de damaso
resurgiront


je pense à Bob
qui m'avait soufflé dans une volute
nacre
de fumée :
"le petit radis noir d'Albacete"
est immense
et je l'aime.


là
je les sens
ils sont 6 ils sont noirs
dans l'aveugle tanière

le mozo serre un plus les attaches
du costume
un peu plus qu'hier
en soufflant pour lui-même

"MIURA"

vers 18 heures
mon âme volera
jusquau crâne du portail

s'inscrutera
dans chaque pore du granit
de la borne
marquée du A
pour caresser

la peur.

comment ?
l'Aleph
est une puissance inexorable
et c'est tout.