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lundi 20 septembre 2010

Un toril jamais vide de sens



" Ce n'est pas un monde qui disparait, c'est la disparition qui est devenue notre monde " ( Claro / interview dans " Le Matricule des anges " )
La voix de " CosmoZ " riffait les pierres. La veille elle avait souqué la flotte qui transformait en buvard la place du Junqué. Ce que j'avais lu dans le train, passait à l'amble d'un lobe à l'autre.
je pensais alors juste à cette vidéo de Paula, à sa deuxième minute très exactement ( Va por Vd estimada Berrendita ) et au Juli, à son grand cirque des torchons et des serviettes.
avec au milieu Vazemsky , citant Leiris derrière sa talanquère en meuble de rangement de médiathèque , avec l'ombre de la corne  dans son aiguille " d' Escalabère ", un simple escabeau et une pile de livres en son dernier barreau. Dimitri torée l'accent et la " musica callada " de la lettre muette du mot " Poésie ". il le déplace et il la retourne. Parar, mandar, templar y recoger.
même loin des taureaux , un toril n'est jamais vide de sens.

mercredi 10 juin 2009

En una veleta ( por Manuel Parrilla )



Cuando yo me muera,
enterradme con mi guitarra
bajo la arena.
Cuando yo me muera,
entre los naranjos
y la hierbabuena.
Cuando yo me muera,
enterradme si quereís
en una veleta
Cuando yo me muera !


comme à chaque fois qu’un tocaor casse la septième corde, celle qui le retient à ce monde, on se dit que le poème de federico semble avoir été écrit pour épitaphe de chacun d’entre eux.
Parrilla de jerez - manuel fernandez molina - laisse la rue campana de jerez à ses coups de vent qui tapent sur le volet derrière lequel sa bougie se consummait lentement depuis la mort de paquera, su paquera.

lors de la biennale de séville qui suivit le silence définitif de ce maelstrom du chants des souterrains et des cieux, une dernière fois, il avait voulu lui rendre hommage en cadençant son fameux coup de patte por buleria qui sentait l'allumette, seul, avec la voix de paquera enregistrée perçant le cœur de ceux qui étaient là.

la maladie sortit ses tablatures peu après et lui regarda cela sans peine et sans acrimonie. sans plainte, je crois. le quejio c'était pour autre chose. il le savait mieux que quiconque.
ainsi sa pulpe avait toujours couru le bois saint sans avoir peur de se perdre dans la forêt de notes qu’il ne connaissait pas, qu’il ignorait avec la superbe de la race des sans alphabets.


il entendait le vent passer sur le mur, heurter les ferrures mais il attendait avec serénité.
c’est comme cela que je l’imagine.
les yeux sur le moucharabieh de sa vie, dans la cruche posée juste à ses côtés il écoutait exsuder le chant de l’ancêtre juanichi, la seguiriya del cuco, si délicate à extraire des pores de la gorge des plus grands, les roulements de phalanges de parrilla el tio, son père qui sentait le chant como naide puisqu’un jour il l’avait enseveli pour toujours sous sa glotte , incapable d’un son de plus mais gardant son savoir cavernicole avec fierté, respect et jalousie.

«Comparito mío Cuco / anda, ve y llama a mi mare / que me muero en esta casapuerta / revorcaíto en sangre» ( siguiriya de juanichi el manijero )



autour de lui des lueurs.
celles des buffles de sernita, de borrico…
et paquera, lionne divine qui lui ébouriffe encore les cheveux quand il s’endort.
ce n'est plus elle qui sussurre, c'est lui. d'un filet de voix qui se confond avec le vent entré soudain par la main du clair-obscur.


Quand je mourrai,
enterrez-moi avec
ma guitare
sous le sable.
Quand je
mourrai,
parmi les orangers
et la bonne menthe.
Quand je
mourrai,
enterrez-moi, si vous voulez,
dans une girouette.
Quand je mourrai !


manuel fernandez molina - parrilla de jerez - est décédé samedi dernier des suites d'une longue maladie.
qu'il repose en paix.



nb 1 : merci au site de flamenco et particulièrement à l'auteur de l'obituario de parrilla. si c'est alfredo grimaldos, deux fois merci. dile angel !
nb 2 : la vidéo est extraite du film " vengo " de tony gatlif.