
voilà deux textes. un en français , l'autre en espagnol. igual que dos latidos. ou deux ventricules.
l'un raconte ce qui peut battre sous la plume quand on a bien écouté le dernier disque de carmen linares écrit avec juan carlos romero en hommage au prix nobel de littérature ( en 1956 ) juan ramon jimenez, qui est si beau sur la photo, dont on commémore cette année la disparition il y a 50 ans de cela.
va dedicado a la señora condesa, a rosa, a andres, al coronel, al papa negro, a solymoscas, a juan carlos buzon, a lucas y a todos los amigos que tengo alli.
l'autre est une simple joute avec les mots de ce qui danse dans la nuée qui s'estompe mais aussi la pulsation qui vient et qu'on souhaite toujours moins âpre que la précédente.
cette joute espère être à la hauteur de la rencontre avec laurent et victoria, bruno, françois , marc, bernard, laurent, philippe, yannick, jean-michel, pierre et consorts.
sans oublier ceux de toute la vie. ils se reconnaîtront.
le ciego aura juste une petite attention spéciale pour xavier, ce "don" qui vient de recevoir un coup mais dont je l'entends rire déjà et dont nous partagerons la quête cet été.

carmen canta.
canta carmen.
canta a juan ramon,
el del platero y yo que le estudiaba en los antiguos libros de mi colegio donde se balbuceaba castellano en el ruido de la lengua de la tia pepa y con el humo de la moto de carlos.
...
cuando canta carmen uno parece a la cabra picassiana que descubre un pan de sal que lamer. tanta dignidad, tanto grito de cartel. tanto talento, tanta hermosura quebrada por un pincel que brota en su paladar de mujer fuerte y herida. miradla ! sus manos agarrando la fugacidad del cante güeno en un aprieto de palma de miel con falanges amorosas. y lo consigue, entra bajo su piel, galopa con temple pero sin freno hasta el muslo rojo que respira con un destello de lucha.
carmen canta porque su boca sabe.
sabe a intensas letras del pueblo, a romances de su tierra aceitunera, a rebelion precisa, a emancipacion orgullosa del cante de mujer fiera y tierna.
y ahora sabe a dulzura de cardon pisada por pezones de burro, sabe a madrugadas sobre un mar de cal donde flota una uva ardiente. sabe a poemario de mi juan ramon de adolescencia lejana en la que españa era polvo lejano y preguntas.
pero nosotros deseando quemarnos la piel debajo respuestas carnales.
carmen
canta carmen
carmen canta
canta a juan ramon jimenez con sus alas y raices
no te conozco carmen pero siempre te agradecere de llevarme a la memoria lo que fatalmente estaba a punto de perder.

aller vers l'an qui vient
ce serait
en plusieurs endroits
mettre le feu aux dernières pages pour un enlèvement du givre des alphabets
se dire
combien le sel manque sur nos poignets blessés
passer les mains
sur les têtons des croix du sud
en loucedé partir sous les arbres
bêcher la brume avec des hoquets de cheval à la peine
dans un oeil de cylindre
à l'ubac des lies se rendre pâle
avec le soleil pour frère
faire un festin
de l'air respiré auprès des chuchotis
montés d'un poumon
ouvert en deux fosses glaireuses
à chaque rue serrer le poing du monde fragile
claquer un coup à tous les huis
pour questionner
et savoir qui vient donner à boire à nos entailles les plus profondes
éteindre les lampes sous la peau
les saouler de lumière que rien ne puisse sourdre
piller les gorges babéliques
et laisser le butin fleurir sous la verrière étoilée
brusquement aimer les râtures
sous le silence
deviner le souffle en insurrection de l'autre
y sculpter ses propres tavelures
enfin
oublier que le mot poémaire n'est pas de notre langue.