lundi 25 juin 2012

La baie de la résurrection


L'atelier Baie et son capitaine Bruno Doan ont piloté le projet que beaucoup appelaient de leurs voeux, à savoir la résurrection de la page taurine de Jacques Durand. N'en déplaise aux uns et pour le plaisir des autres. Ranimée, rassérénée, reboostée, l'encre de sieur Jacques peut désormais en toute indépendance irriguer vos boîtes à courriels comme à lettres. Pour savoir comment s'affilier à cette heureuse sortie des marais parisiano-médiatiques, il vous suffit de cliquer sur ce lien :
http://www.editions.atelierbaie.fr/phpstats/click.php?id=6

Olé Bruno ! Enhorabuena Mister Durand ! E la nave va... (l'image est bien sûr tirée du film du maître Fellini)

samedi 12 mai 2012

Libéra(dica)tion

Il y a bien longtemps que Libé ne me sert plus à allumer la cheminée.
Déjà Rothschild chez July. Ensuite Demorand, la laisse d'or de "Lémarché", dans l'Ours, basta.
J'avoue, je pleurais encore de rire à la découverte de la page "Ecrans" du samedi paraphée Roberts & Garrigos, je grognais de plaisir quand j'imaginais la tête des actionnaires après la lecture des chroniques de Pierre Marcelle. M'enfin, à part ça...
Ah si ! les cahiers livres et la plume de Lançon. Ouais, important Lançon. Il écrivait pour Charlie mais il suffisait de lire son texte sur Sanchez Ferlosio et on gueulait "Ole tu" au coup de crayon qu'il portait dans l'arthrite de nos voyages immobiles vers l'Espagne qui nous dévorait.
Et puis les numéros spéciaux. Celui de Tapies, ceux du festival de BD d'Angoulème, le journal de l'année des écrivains... l'article de Bayon le jour de la bascule de Joe Strummer, Lefort en digne successeur de notre tant aimé Serge Daney, la nostalgie des articles de Jacques Maigne sur le rugby,
bref, au bout de compte je ne l'achetais plus mais je lisais encore.

Je ne vais rien vous apprendre, aujourd'hui c'est la page taurine qu'on défouraille avec presque, on le sent, un soulagement du côté du quotidien.
Nous , au départ en 87 , on avait eu peur quand même, ça sentait le Mourousisme cette affaire de taureaux dans Libé.
La garde baissa derechef dès que la première phrase du premier article défila sous nos yeux. Ben normal, Durand, on ne pouvait pas faire mieux.
25 ans de luxe de lecture.
Mais les pies tournaient depuis bien trop longtemps au-dessus de la plume "érutilante" de Durand.
Bien sûr, on peut penser que la Gôche alliance d'une rose pusillanime (ça sent bon et c'est une variété sans épine) et d'un Europécologisme opportuniste a eu raison de cette incongruité sudiste (la version langue d'Oil du canard ne sentait déjà plus le sang, la merde, le cigare et le Varon Dandy depuis quelques temporadas maintenant ). On peut pétitionner à tout vent. C'est fait.
Mais j'aimerais juste te dire, Jacques :
"Merci" et,
"Mais on s'en bat les gonades, allez viens , d'abord on va boire un pion puis après on va te la fonder la gazette pour laquelle tu aimerais signer".
Alors,  mesdames et messieurs de la torosphère ? chiche ?

dimanche 25 mars 2012

Requiem


"Federico Garcia Lorca, poète et antifasciste, fit un rêve. Il rêva qu’il se trouvait sur la scène de son petit théâtre ambulant et que, s’accompagnant au piano, il chantait des chansons gitanes. Il était vêtu d’un frac, mais il portait sur la tête un chapeau andalou à larges bords. Le public était composé de vieilles dames vêtues de noir, avec une mantille sur les épaules, qui l’écoutaient ravies. Une voix, de la salle, lui demanda une chanson, et Federico Garcia Lorca se mit à l’interpréter. C’était une chanson qui parlait de duels et d’orangeraies, de passions et de mort. Quand il eut fini de chanter, Federico Garcia Lorca se leva et salua le public."
(Rêves de rêves/ Antonio Tabucchi/ Ed.Christian Bourgois)

lundi 27 février 2012

Farruco II ( Va por ti, Maja Lola )



Les mêmes en la feria de Sevilla. Antonio Flores Montoya, pour moi, c'est le baile le plus proche du cante, le plus incarné. Je peux le regarder pendant des heures, des centaines de fois. Pas une seconde lassante, lourde ou inutile, pas de plan "machine à coudre". Juste la grâce et la puissance.
Los mismos, en la feria de Sevilla. Antonio Flores Montoya, para mi, es el baile mas allegado al cante, el mas encarnado. Puedo contemplarle durante horas, mil veces. Ni un minimo de cansancio, de pesadez o de futilidad, ni un plan de "maquina de coser". Solamente el embrujo y la fuerza.

ah, au fait,le bel article sur Farruco était signé Marie-Christine Vernay et il date de 1995. on peut le lire en passant par là.

mercredi 22 février 2012

Farruco



«Le danseur doit avoir la noblesse du cheval et le courage du taureau. J'ai appris la danse sur la route avec le pas des chevaux. On était marchands de chevaux. J'écoutais et j'ai reproduit les sons et les rythmes avec les mains puis avec les pieds.» (Farruco dans "Libé" avant une actuacion à Marseille, c'est toi Jacques qui a écrit ce bel article ? )
"El bailaor debe tener la nobleza del caballo y la bravura del toro. Me hice bailaor en el camino con los pasos de los caballos. Veniamos de chalanes. Escuchaba y reproduci los sonidos y los compases con las manos y despues con los pies." (Farruco en el periodico Libération, antes de una actuacion en Marsella )

Je vous laisse avec ce bijou de baile et de ciné. les dejo con esta joya de baile y de cine. A catarla y a comentar señores ! A déguster et à commenter ! y mañana o pasao hablaremos. et demain ou après-demain , on en reparle.

mercredi 8 février 2012

Cara y cruz de la pantoufle


L'homme regardait la pantoufle posée hors mesure, en objet qui disait sa trivialité mais aussi sa temporalité, sa connexion au monde, la fatigue et la mort. on l'avait certainement traîné là ? qui , quoi ? l'homme, la charentaise géante ? les deux. D'ailleurs c'était inéluctable, ils étaient en face à face, avec entre eux un mouvement de méditation, une "intranquilité". A quel instant l' illisible submergea celui des deux qui avait le sens de son vertige , c'est à dire l'homme, ce spectateur peut-être poussé par un guide de papier écorné dans un  réflexe muséal d'homo touristicus, peut-être simplement par sa femme et sa lacheté de ne pas savoir lui dire non ou par la curiosité, la bonne vieille curiosité ? Nous étions à la Fondation Tapies de Barcelone dans les années 90 et ce visiteur  qui avait vraisemblablement déjà fait  le tour de la question, devant le chausson amorphe s'écria : "ah là, non ! là non !!!" et tourna les talons , pris la direction de la sortie. Il avait sans doute compris , et moi des années après, que, ce qui l'envahissait à cet instant précis, lui demandait de s'enfuir, de s'effrayer et se révolter devant la métamorphose d'un objet en preuve cosmogonique, en idée de la vérité.


Cette prise de l'univers émanait de toutes les oeuvres, des sculptures aux collages, aux matières, en passant par les "Tapies de Tapies", oeuvres de son chemin, de ses essais, et conservées par sa femme.
D'ailleurs quand Tapies se retrouva confronté au flamenco pour faire l'affiche de la biennale de Séville de 2004 il mit au centre de la vitalité de son tableau un zapato de taconeo pour incarner cet art où l'artiste cherche  à pousser dehors ce qu'il ressent dedans, dans cet acte de laisser la chaussure à bride venir frapper si fort le plancher qu'on croirait que l'objet peut créer lui-même cet interstice où les duendes l'aspireront - ce vacarme, ce tremblement figuré sur la toile est parfois par manque de mystère terriblement grotesque - ou s'en échapperont pour se répandre dans les yeux des spectateurs qui peut-être riront, se moqueront, partiront eux aussi devant ce trop plein, ce cortège de mises à nu. Sur ce rouge, l'encre noire figurait alors cette mise en danger. Cara y cruz.

En repensant à tout cela, je me dis que le maître catalan aimait , quien sabe  , écouter ce tiento dont voici la letra et ce sera mon hommage :

" En una piedra me asiento
Como si la piedra fuera
Alivio de mi tormento
Compañerita de mi alma
Alivio de mi tormento"

Autre hommage, celui de Mateo Sodore qui nous fait le bonheur de pouvoir  publier le portrait magnifique de celui dont il aime ressasser la phrase : 
"Une oeuvre d'art devrait laisser le spectateur perplexe, le faire réfléchir sur le sens de la vie"...
QEPD.



mardi 3 janvier 2012

"Sabia"

Pour affronter la siguiriya, cette mortaise du passage vers les chaos balafrés du chant, le temps qui s'étire a besoin d'esquiver sans rompre.
Enrique de Melchor "sabia".
Il élaborait la crypte idéale où chaque atome est une note qui ne s'enfuit jamais.
Demain le 4,
les rois arrivent pourtant ils ne seront que deux : Melchor s'est arrêté au talus des étoiles
et s'est allongé dans sa guitare.  Para siempre, duerme.
QEPD.

nb: la photo est de Paco sanchez.